«Brisons le Silence» pour les victimes de violences
La 8e édition de la semaine d’actions contre les violences faites aux femmes se déroule actuellement sur le territoire. Portée par la CAF en partenariat avec l’ALEFPA – Le Manteau de Saint-Martin et dans le cadre de la Journée internationale du 25 novembre, un Village d’information a réuni les acteurs concernés et a mis en avant l’ensemble du réseau de soutien aux victimes et à leurs proches. La semaine s’achèvera ce samedi 29 novembre par le spectacle de la Company Ö & Co au Théâtre La Chapelle.
Oser parler. Cela déclenche toute une mécanique de soutien où aucune victime ne doit être livrée à elle-même. Le Village d’Information a révélé la force de ce maillage particulièrement soudé qui unit institutionnels et associations comme l’ALEFPA, la Maison des Femmes, la Croix-Rouge, la Gendarmerie ou même les Compagnons Bâtisseurs. Des liens étroits pour accompagner des femmes vers la reconstruction, de la 1re alerte jusqu’à la réinsertion sociale et professionnelle.
Un maillage territorial soudé
Sur le terrain, le dispositif déploie des moyens concrets. Aux brigades de Marigot et Concordia, des intervenants sociaux formés accueillent les victimes dans un cadre sécurisé. Protection immédiate, dépôt de plainte, relogement d’urgence, aide à l’emploi, soutien financier et alimentaire : l’accompagnement couvre tous les besoins essentiels. Une réponse globale accompagnée par la CAF tout au long de l’année, pour permettre aux victimes de reprendre leur vie en main. « On peut tous être témoin, mais on peut aussi être tous acteurs », a souligné Valérie Martineau responsable de la CAF. Un appel à la vigilance collective : chacun peut contribuer à briser le silence en restant attentif aux signaux d’alerte ou en signalant une situation préoccupante.
Sensibiliser, accompagner, reconstruire
Au Village d’Information, des outils adaptés ont été présentés pour sensibiliser les plus jeunes. Parmi eux, le « violentomètre » se distingue par son approche accessible : cet instrument gradué permet d’identifier et de nommer les violences psychologiques et physiques dès leurs premières manifestations. En rendant visibles ces signaux d’alerte, l’outil contribue à prévenir l’escalade vers des agressions plus graves. Parallèlement à cette démarche préventive, plusieurs dispositifs d’accompagnement par des professionnels sont proposés. Pour une aide psychologique, des intervenants qualifiés se rendent disponibles et animent des groupes de parole qui se réunissent régulièrement pour favoriser l’expression et rompre l’isolement des victimes. Certaines associations proposent un soutien adapté à l’ensemble de la cellule familiale : Nature is the Key, par exemple, organise des activités extérieures ludiques pour les enfants de victimes. Art For Science, de son côté, anime des ateliers d’arts créatifs ouverts à tous, véritables espaces de libération émotionnelle qui permettent aussi de retisser les liens parents-enfants. « Ce sont des choses auxquelles on ne pense pas tout de suite, mais avoir un espace d’expression libre où se décharger mentalement et se faire plaisir, cela joue beaucoup sur le moral des victimes», explique Cloé, art-thérapeute. Un réseau qui tente donc de répondre à toutes les problématiques que les victimes peuvent rencontrer sur leur parcours. « Briser le silence» n’est pas qu’un slogan : c’est le début d’une démarche de reconstruction physique et psychologique, où personne n’est seul.