« 100 % contrôle » à Grand-Case : renforcement des fouilles pour enrayer le trafic de stupéfiants
Jeudi matin, l’aéroport de Grand-Case a été le théâtre d’une nouvelle opération « 100 % contrôle », menée conjointement par la Douane et la Police aux frontières (PAF). Organisées sur réquisition du procureur de la République et placées sous l’autorité du préfet, ces opérations visent principalement à couper les filières d’acheminement de stupéfiants et à dissuader les trafiquants d’utiliser les lieux de transit du territoire.
Sur le terrain, la division des tâches est claire : la PAF prend en charge le contrôle des passagers tandis que les douaniers s’occupent de l’inspection des bagages sur le tarmac. La spécificité de ces interventions tient à un renforcement des effectifs et à l’utilisation de techniques plus poussées. Ainsi, un agent de la PAF formé au repérage des stupéfiants travaille en binôme avec l’agent de sûreté pour analyser les images du scanner des bagages. La palpation des passagers est pratiquée systématiquement. Sur le tarmac, c’est Paca — le « chien douanier » spécialisé dans la détection de stupéfiants — qui inspecte chaque valise avant embarquement.
Stupéfiants et cigarettes dans le viseur
Les contrôles ciblent prioritairement les produits stupéfiants et les cigarettes en quantités excessives. Ils sont effectués sur des vols variés — matin ou après-midi —, notamment sur les vols régionaux où vers la Guadeloupe avec pour destination finale Paris.
L’objectif affiché des autorités est de créer de l’incertitude dans les schémas logistiques et de déplacement des trafiquants, en multipliant les créneaux et en variant les horaires des interventions.
Les autorités précisent que l’objectif de ces contrôles n’est pas seulement de confisquer, mais de dissuader durablement l’utilisation des aéroports locaux comme point de départ vers la France et ainsi enrayer les approvisionnements.
Les opérations restent volontairement aléatoires — non seulement dans les aéroports, mais aussi dans les ports et les gares maritimes — car il est impossible de contrôler 100 % des vols en permanence.
Trois mules arrêtées depuis janvier
Différents formats et renforts d’effectifs ont été testés lors des précédentes interventions : pour l’opération de jeudi, 4 douaniers et 9 agents de la PAF ont été mobilisés. Des créneaux horaires spécifiques sont également expérimentés pour surprendre les réseaux, notamment en alternant saisons hautes et périodes creuses, qui pourraient offrir des opportunités aux trafiquants.
L’initiative n’est pas nouvelle : lancée pour la première fois en 2022 en Guyane, la méthode a montré son efficacité sur le territoire concerné, mais les flux se reportent souvent vers d’autres lieux de transit. Après des déploiements en Martinique puis en Guadeloupe, Saint-Martin fait désormais à son tour l’objet de ces opérations renforcées, les autorités constatant un déplacement progressif des trajectoires vers des points de transit secondaires au détriment des vols directs vers Paris.
Enfin, au-delà des contrôles aléatoires, des interventions ciblées sur des personnes connues pour leurs liens avec le trafic ont également été menées — c’est notamment grâce à ce type d’actions que les trois mules ont été interpellées depuis le début de l’année, pour un total d’un peu plus de 5,5 kg de produits stupéfiants saisis. Marie Hildegarde Chauveau, sous-préfète, présente sur ce 4e contrôle l’a rappelé, tous les moyens sont bons pour maintenir l’incertitude et protéger les flux légitimes de voyageurs.