Élection de Daniel Gibbs au poste de sénateur : « La grande victoire, c’est la démocratie »
Ce dimanche 27 septembre 2026, la moitié du Sénat, soit 178 sièges sur 348, a été renouvelée au suffrage universel indirect. À Saint-Martin, les 25 grands électeurs ont choisi Daniel Gibbs pour représenter le territoire au Palais du Luxembourg.
Daniel Gibbs devient ainsi le premier élu saint-martinois à avoir successivement siégé à l’Assemblée nationale (2012 à 2017), présidé la Collectivité de Saint-Martin (2017 à 2022) et rejoint le Sénat.
Le conseiller de l’opposition a été élu au second tour avec 13 voix, contre 11 pour Valérie Damaseau, la candidate soutenue par la majorité. Un bulletin a été déclaré nul. Daniel Gibbs succède à Annick Pétrus, qui avait obtenu trois voix au premier tour avant de décider de ne pas se maintenir au second.
Un scrutin renversé entre les deux tours
Le premier tour avait pourtant placé Valérie Damaseau largement en tête avec 11 voix, devant Daniel Gibbs, qui en recueillait six. Raphaël Sanchez obtenait quatre suffrages, Annick Pétrus trois et Bernadette Venthou-Dumaine un. Aucun candidat n’ayant atteint les conditions nécessaires pour être élu dès le premier tour, un second vote a dû avoir lieu l’après-midi même. Le rapport de force s’est alors totalement inversé. Valérie Damaseau a conservé ses 11 voix tandis que Daniel Gibbs est passé de six à treize suffrages. Si les soutiens exprimés au premier tour en faveur des deux finalistes sont restés identiques, sept des huit voix qui s’étaient portées sur les candidats éliminés ou retirés ont donc rejoint Daniel Gibbs, le dernier vote ayant donné lieu à un bulletin nul.
Un résultat d’autant plus significatif que Daniel Gibbs siège aujourd’hui dans l’opposition au Conseil territorial et qu’il lui fallait nécessairement obtenir des suffrages au-delà de son propre camp pour atteindre les 13 voix.
Un appel à l’humilité et au rassemblement
À l’issue du scrutin, le nouveau sénateur a appelé à « rester humble dans la victoire », estimant que « la grande victoire, c’est la démocratie ». Pour Daniel Gibbs, son élection traduit justement la capacité des élus à dépasser les appartenances politiques : « Il fallait l’appui d’autres élus que ceux de l’opposition. On a réussi cela et c’est la démocratie. Pour qu’un membre de l’opposition soit élu, il fallait le soutien d’une partie de la majorité. Ils ont joué le jeu de la démocratie et je leur en suis très reconnaissant.» Il assure également que ce résultat ne doit pas conduire à une logique d’affrontement au sein du Conseil territorial. « Nous ne serons pas une majorité de blocage », affirme-t-il, indiquant vouloir agir « dans l’intérêt des délibérations » et du territoire.
Pour l’ancien président de la Collectivité, cette élection constitue donc autant un retour sur la scène politique nationale qu’un nouveau rapport de force local, à moins de six mois des élections territoriales de mars 2027.
La droite et le centre conservent la majorité au Sénat
À l’échelle nationale, ce renouvellement n’a pas bouleversé les grands équilibres de la Haute Assemblée. La droite et le centre restent majoritaires, malgré une érosion du groupe Les Républicains.
L’un des principaux changements de ce scrutin réside dans la progression du Rassemblement national et de son allié de l’Union des droites pour la République. Avec au moins 15 sénateurs à eux deux, ils disposent désormais d’un nombre suffisant d’élus pour constituer un groupe parlementaire, une première pour le RN au Sénat. La France insoumise fait également son entrée au Sénat avec l’élection de son premier sénateur. Les nouveaux mandats débuteront le jeudi 1er octobre pour une durée de six ans. Ce même jour doit également intervenir l’élection du président du Sénat, Gérard Larcher étant candidat à sa succession.