Enlèvement et séquestration à Marigot : quatre condamnations
Le 16 juillet 2024, un homme est enlevé sur le parking du Super U à Marigot. Mains et pieds liés, il est embarqué de force dans un pick-up, sous les yeux d’une témoin qui alerte aussitôt les gendarmes. Ces derniers remontent la piste jusqu’à une pépinière bien connue de l’île.
C’est le propriétaire des lieux, un entrepreneur local respecté, qui est à l’origine de l’affaire. Victime de vols répétés, il constate la disparition de son ordinateur et d’une clé USB contenant ses fichiers clients. Persuadé de reconnaître le voleur présumé sur des images de vidéosurveillance, et ne parvenant pas à déposer plainte immédiatement, il décide d’agir. Ce qui devait être un simple échange pour obtenir des explications et récupérer ses biens dégénère.
Alertés par sa compagne, l’entrepreneur et son employé retrouvent l’homme sur le parking du Super U de Marigot. C’est à ce moment-là qu’un passant, déjà condamné pour des faits d’enlèvement et de violence, se joint au groupe. La situation dérape : la victime est ligotée, malmenée, puis transportée jusqu’à la pépinière. Sur place, les gendarmes, après avoir visionné les images de vidéosurveillance, découvrent un homme blessé, présentant de multiples contusions, dermabrasions et une lésion au poignet. Les prévenus affirment qu’il était déjà blessé avant leur intervention.
De plus, l’enquête établit qu’aucune preuve ne lie la victime — un sans-abri connu sur l’île — au vol en question.
Jugés au Tribunal de proximité de Saint-Martin, le 15 mai dernier, les quatre prévenus ont été condamnés : 18 mois de prison dont 10 fermes pour le propriétaire, 10 mois avec sursis pour sa compagne, 6 mois fermes pour l’employé, et 18 mois fermes pour le passant. Tous écopent également d’une interdiction de port et de détention d’armes pendant cinq ans.
Une affaire qui illustre les risques liés à la volonté de se faire justice soi-même.