Parole de femmes : Octobre rose
À l’occasion d’Octobre Rose, Le 97150 donne la parole aux femmes qui ont fait face au cancer du sein, sont encore dans la lutte ou ont passé le cap et retrouvé leur vie d’avant. Leurs témoignages sont importants, ils rappellent toute l’importance du dépistage, mais aussi que chaque femme est différente… certaines luttent seules, d’autres veulent partager cet accident de la vie, les épreuves qu’elles traversent, mais toutes transmettent un message d’espoir.
Pour ce premier rendez-vous, Angèle Dormoy a choisi de raconter son combat avec sincérité, courage et une volonté de rappeler que la détection précoce peut sauver des vies. La femme d’affaires et présidente de la CCI de Saint-Martin n’en est pas à son premier combat, mais celui-là est différent. Elle a hésité à en parler… le regard des autres peut être lourd. Mais après quelques mois de réflexion, poussée par ses sœurs, elle a fait le choix de témoigner, pas pour elle, mais pour les autres femmes… surtout celles en bonne santé.
Comment avez-vous découvert votre cancer ?
J’étais entre deux mammographies lorsque j’ai effectué une autopalpation et découvert une petite masse au niveau d’un sein. Le diagnostic est tombé : un cancer du sein triple négatif, l’un des plus agressifs et difficiles à traiter. C’est pour cela que j’insiste aujourd’hui sur l’importance de l’autopalpation et de la détection précoce.
Quelle est votre situation aujourd'hui ?
Je suis actuellement en traitement. C’est un parcours long et éprouvant, aussi bien physiquement que moralement. J’ai notamment dû faire face à la perte de mes cheveux, que mon père a rasés à ma demande. Un moment difficile, mais qui est devenu un véritable geste d’amour. Je continue à avancer avec le soutien indéfectible de ma famille.
Comment avez-vous adapté votre quotidien, votre activité professionnelle ?
Mon quotidien est désormais rythmé par les traitements et mon état de fatigue. J’apprends à écouter mon corps et à respecter mes limites. Je reste disponible pour échanger et répondre aux questions, mais en fonction de mon énergie, de ma « batterie » interne, comme j’aime à le dire.
Dès que le traitement le permet, je reviens à la maison, pour garder le moral et justement recharger la fameuse batterie, rien de tel que mon île.
Pourquoi avoir choisi d'en parler ?
À la demande de mes sœurs, j’ai décidé de partager mon parcours. Je souhaite que mon témoignage permette d’échanger, de mieux comprendre la maladie et surtout de rappeler l’importance du dépistage précoce. On pense à mille choses chaque jour, mais on oublie parfois de faire de sa santé une priorité. Si mon expérience peut inciter une femme à consulter ou à faire sa mammographie, alors cette prise de parole aura été utile. Je ne veux pas que ce soit l’histoire d’Angèle Dormoy, car elle ne détermine pas qui je suis, mais j’aimerais que cette histoire pousse d’autres femmes à faire l’autopalpation et qu’elles aillent effectuer un dépistage.
Quel est votre rapport à la maladie ?
J’avance avec ma foi, ma famille et ma volonté de continuer à me battre. Il y a des jours difficiles. Je les traverse à mon rythme, avec le droit d’être fatiguée, d’avoir peur et de me reposer. Je garde le sourire chaque fois que je le peux. Continuer à m’intéresser à mes projets et garder le lien avec les autres m’aide à préserver mon équilibre. Les soins sont au cœur de mon parcours. L’amour de mes proches et ma foi me donnent de la force pour le traverser, une étape après l’autre. Et je continue à me dire : « We got this ! »

Propos recueillis par Ann Bouard