Robert : un trait d’union entre deux mondes
C’est la tâche la plus ingrate qui incombe à un journaliste : annoncer le décès d’une personne. Mais elle est encore plus douloureuse lorsqu’il s’agit d’un confrère. Comment aurait fait Robert ? Avec son flegme tout britannique, sa manière de ne voir le monde qu’avec bienveillance, son sourire un peu en coin… Je suis sûre qu’il aurait pris le recul nécessaire pour trouver les mots justes. Mais nous, les mots nous manquent…
Robert Luckock était le correspondant du Daily Herald pour la partie française de Saint-Martin. Il constituait ainsi une sorte de trait d’union journalistique entre les deux parties de l’île… entre deux langues. À chaque rencontre, l’apprentissage du français était un sujet ! Mais le mois dernier, il avait découvert cette nouvelle application fabuleuse qui retranscrivait directement le français en anglais, même s’il ne la maîtrisait pas encore tout à fait ! Un autre sujet de discussion : les joies des nouvelles technologies ! Des sujets, il n’en manquait pas. Il a consacré une belle partie de sa vie à rendre compte de toute l’actualité du territoire. Aujourd’hui, malheureusement, c’est lui qui fait l’actualité.
Mais je crois que, sur son nuage, là-haut, toujours avec son sourire, il doit tout de même être un peu surpris par les éloges qui pleuvent de toutes parts. Avec toute la modestie qu’on lui connaissait, il dirait ne pas les mériter. Ils sont pourtant ô combien justifiés, tant il était reconnu pour son professionnalisme, sa gentillesse et toutes ces qualités qui ont fait de lui l’un des journalistes les plus reconnus de l’île.
Pas facile de dire adieu à cette présence que l’on a côtoyée au fil des mois, des années… On redoute même la prochaine conférence : il ne sera pas là. Et cela va nous manquer.
Mais l’homme discret qu’il était a, une fois encore, bien fait les choses en s’éclipsant ce dimanche 3 août, peu avant minuit… L’actualité est calme, les conférences se font rares… Comme s’il se doutait qu’il nous faudrait un peu de répit pour digérer l’information, celle de son départ. Le temps passera, mais tu continueras à nous manquer Robert !
La rédaction du 97150 adresse ses plus sincères condoléances à ses proches et à ses confrères du Daily Herald.