De Sint Maarten au Super Bowl
Né en Jamaïque et élevé à Sint Maarten, Jay Mills, danseur et chorégraphe, a foulé l’une des plus grandes scènes au monde : le Super Bowl. Entre émotion, discipline et fierté, il nous raconte son parcours.
Qu’est-ce qui vous a poussé vers la danse ?
Originaire de Jamaïque, j’ai grandi à Sint Maarten, dans un foyer très créatif — ma mère était artiste, et ma sœur est chanteuse. La musique et l’art faisaient partie de mon quotidien. Naturellement, je me suis tourné vers le mouvement, vers la danse. Le film You Got Served a vraiment tout déclenché en moi. J’ai commencé à freestyler très jeune, puis j’ai rejoint mon premier groupe de danse au lycée, Eccentric. Aujourd’hui, je suis danseur et chorégraphe professionnel.
Revenons sur le moment qui a tout changé : le Super Bowl. Comment avez-vous appris l’audition ?
C’est assez incroyable comme histoire. Je venais tout juste de me marier à Sint Maarten, le 5 décembre. J’étais encore sur l’île en train de fêter ça quand mon agent m’a contacté pour me parler de l’audition. Je n’ai pas pu me rendre à la première session, mais on m’a invité au rappel. Et là, en coulisses, avant de monter sur scène, l’énergie était quelque chose d’indescriptible. Il y avait une conscience collective de l’importance du moment, une excitation partagée.
Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans cette expérience ?
Les répétitions à Santa Clara ont été le moment le plus fort. Tous les danseurs logeaient dans le même hôtel, ce qui a créé une vraie camaraderie, presque naturellement. On a développé une alchimie qui s’est ensuite traduite sur scène de manière fluide. On peaufinait chaque section, chaque détail dans un lieu à part, avant de finalement accéder au terrain quelques jours seulement avant le show. C’est aussi là qu’on a répété intensivement avec Bad Bunny. Je n’ai pas eu l’occasion d’échanger personnellement avec lui, mais dès le premier jour, il devait s’entraîner à la chute depuis le toit — et il l’a exécutée parfaitement, sans la moindre hésitation. Il dégageait quelque chose de très serein. C’était un vrai plaisir de travailler à ses côtés. Et quand je repense à tout ça — grandir sur une si petite île et me retrouver sur une scène d’une telle envergure — c’était presque irréel. Le Super Bowl m’a fait réaliser que l’impossible est atteignable, et c’est le message que je voulais envoyer à tout le monde chez moi : si moi j’ai pu y arriver, eux aussi peuvent le faire.
Quelle a été la réaction de Sint-Maarten ? Et qu’est-ce que cette expérience vous a apporté ?
C’était bouleversant. Un flot d’amour et de reconnaissance. Ma famille, mes amis — tout le monde a exprimé une fierté immense. Ce sentiment d’être vu, de pouvoir les représenter devant des millions de personnes, c’est ce qui m’a touché le plus profondément. Cette expérience m’a aussi confirmé quelque chose d’essentiel : l’art a une puissance réelle, concrète, celle de porter un message bien au-delà des mots. Aujourd’hui, je continue à développer ma propre chorégraphie et je prévois de voyager pour enseigner — partager ma passion et mon expertise avec des danseurs à travers le monde. Et à tous ceux qui rêvent de suivre ce chemin, je dirais : n’abandonnez jamais ce que vous aimez. Avec du travail, de la discipline et de la constance, on peut aller très loin.