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Terre en feu : l’être humain face à ses responsabilités

Par Ann Bouard
30 Juillet 2026

En Gironde, 42 000 hectares sont partis en fumée au cours du seul mois de juillet. L’Espagne brûle, Anguilla vient de lutter plusieurs jours contre un incendie de décharge et la sécheresse persistante place Saint-Martin et Saint-Barthélemy sous haute surveillance. Face à ces catastrophes, l’être humain ne peut plus se contenter d’en être le spectateur : neuf feux sur dix sont d’origine humaine.

Quarante-deux mille hectares… cela correspond à plus de quatre fois la superficie de Saint-Martin, partie française et partie néerlandaise réunies. Des forêts détruites, des habitations menacées, des populations évacuées et des milliers de pompiers mobilisés contre des incendies d’une intensité exceptionnelle.
En vingt ans, le nombre de feux aurait été multiplié par trente. Ces incendies ne sont donc plus des événements isolés, confinés à quelques régions traditionnellement exposées. Ils deviennent l’un des symptômes les plus visibles d’un environnement fragilisé par la sécheresse, la chaleur et l’assèchement de la végétation.
La Caraïbe n’est pas épargnée. Le 25 juillet, un important incendie s’est déclaré dans la décharge de Corito Road, sur la côte sud d’Anguilla. Pendant plusieurs jours, les pompiers ont lutté contre les flammes, notamment dans une zone où brûlaient des pneus. Il aura fallu recouvrir les foyers de boue, refroidir les points chauds et mobiliser des engins lourds pour parvenir à étouffer progressivement l’incendie. Une grande partie du feu a finalement été maîtrisée, mais les fumées ont continué d’affecter les habitants et les entreprises alentour.
Cet épisode doit servir d’avertissement. À Saint-Martin comme à Saint-Barthélemy, la sécheresse persistante transforme la végétation en combustible. 

Neuf incendies sur dix peuvent être évités

Si neuf feux sur dix sont d’origine humaine, cela signifie surtout que neuf feux sur dix pourraient être évités. Un mégot jeté par la fenêtre d’une voiture, un barbecue allumé dans une zone non aménagée, des déchets verts brûlés dans un jardin ou des travaux produisant des étincelles près d’une végétation sèche peuvent avoir des conséquences dramatiques. L’accumulation de bois, de cartons, de plastiques, de pneus ou d’encombrants à proximité des habitations constitue également un danger. En cas d’incendie, ces matériaux alimentent les flammes, accélèrent leur progression et compliquent l’intervention des secours. 
Mais la responsabilité humaine ne se limite pas au geste imprudent. Elle se trouve aussi dans notre manière de consommer, de gérer nos déchets, d’aménager les territoires et de préserver les espaces naturels. Nous ne pouvons plus nous émouvoir devant les images de paysages dévastés tout en continuant à agir comme si nos habitudes étaient sans conséquence.


La solidarité après le feu, la responsabilité avant

Face aux incendies qui ravagent le sud de la France, le président de la Collectivité de Saint-Barthélemy, Xavier Lédée, a annoncé son intention de proposer au Conseil exécutif l’attribution d’une aide de 20 000 € à la Protection civile. Une contribution destinée à soutenir les bénévoles engagés auprès des populations sinistrées. Cette initiative rappelle l’importance de l’entraide entre les territoires.
Mais la solidarité ne doit pas uniquement intervenir après les flammes. Elle commence avant, par la prévention et la vigilance de chacun. La préfecture de Saint-Martin alerte sur la sécheresse qui touche le territoire et rappelle qu’il est interdit de brûler des déchets verts (utiliser les déchetteries et structures dédiées),  qu’il faut éviter les travaux produisant des étincelles et les barbecues près des zones sèches : ces gestes ne relèvent pas d’une prudence excessive. Ils relèvent du civisme.
Il est toujours plus spectaculaire de saluer le courage des pompiers que de rappeler la responsabilité de celui qui abandonne un mégot ou met le feu à un tas de branches. Pourtant, les soldats du feu ne devraient pas avoir à risquer leur vie à cause d’une imprudence évitable.
La Terre brûle, mais elle ne prend pas toujours feu toute seule. Et si les conditions climatiques rendent désormais les incendies plus violents et plus difficiles à maîtriser, l’étincelle initiale reste, dans l’immense majorité des cas, entre nos mains. À nous de ne pas l’allumer.
Incendie Anguilla Juillet 2026

Ann Bouard