Surfer sur les sargasses devient tendance, mais cela résout-il le problème ?
Les gens qui vivent quotidiennement avec ce fléau ont parfois des idées pour tenter de le juguler. Le 97150 a pris deux exemples parmi tous ces combattants de l’algue brune.
Le premier Sarga Track, est une application créée par Samuel Fourmy résidant en Martinique. Il recueille et regroupe toutes les informations sur les sargasses (observation, bancs, échouages, quantité, fréquence, dangerosité, etc). Le but de cette application participative est de faire émerger une Caraïbe mieux informée et mieux coordonnée où chaque citoyen peut contribuer à la protection du littoral. Ainsi grâce aux signalements photographiés, situés et datés, il est possible de suivre les sargasses en temps réel.
Pour un littoral vivant et connecté
Une fois les données récoltées, les plaques sont matérialisées sur une carte interactive et évolutive selon l’importance des bancs proches du rivage et ceux qui sont encore au large. Des indices d’approche sont définis même si cela ne permet pas une certitude d’échouement 100% fiable. Sarga Track regroupe aussi toutes les informations primordiales sur différents sites et supports, et en fait une synthèse suffisamment bien renseignée pour pouvoir ensuite transmettre toutes ces données aux autorités compétentes, aux élus et aux services divers censés intervenir sur le terrain de façon efficace (https://sargatrack.com).
Le 2e exemple s’inscrit dans une suite logique: après l’observation, la collecte et le traitement. Sargawatt a vu le jour en Martinique, grâce à Matthieu Bergot, pour répondre au défi de collecter les sargasses en volume, au bon coût et dans le respect des écosystèmes afin d’associer protection des littoraux et valorisation industrielle. Cette démarche propose donc un volet plus commercial que la précédente et s’adresse non seulement aux collectivités et aux structures touristiques, mais également aux opérateurs chargés du ramassage et aux éventuels industriels qui pourraient tirer partie de l’exploitation de ce produit en le valorisant.
Collecter efficacement
En effet, ces algues brunes nauséabondes et toxiques peuvent devenir une biomasse accessible et exploitable à condition de savoir s’y prendre. C’est ce que propose Sargawatt à tous les acteurs locaux, que ce soient des industriels, des laboratoires, ou autres porteurs de projets qui cherchent une matière fiable, traçable et adaptée à leur procédé (https://www.sargawatt.com/fr/)
On est loin des expériences qui consistaient à faire du carton avec les algues séchées dans une cuisine, et il existe bien d’autres projets qui ont le mérite de faire évoluer les choses, même s’ils ne solutionnent en rien le problème croissant de l’invasion des sargasses. Depuis toujours la balle est dans le camp des autorités compétentes locales et nationales qui prouvent chaque année qu’elles ont vraiment du mal à la renvoyer.