Lutte contre les sargasses… enfin le bout du tunnel ?
Dans le dernier article sur le sujet, le 3 septembre, les filets déviants étaient suspendus à un arrêté d’interdiction de mouillage… Depuis, toujours pas de pose de filets, mais il semblerait que les choses bougent enfin. Le point avec les entreprises, la Collectivité, la Préfecture et l’association des riverains impactés.

Septembre 2022, premier comité de pilotage. Préfecture et Collectivité annonçaient la « pose, à titre expérimental» pour mai 2023, avant le début de la saison, de filets déviants dans la baie de Cul-de-Sac et dans la baie de l’Embouchure. Une étude de deux ans était cependant nécessaire avant tout déploiement. Le territoire allait se doter également de capteurs fixes automatisés, installés sur les côtes impactées, pour faire des relevés en continu des émanations d’hydrogène sulfuré.
Septembre 2025 : le service environnement indique que les filets sont prêts mais qu’il manque les autorisations préfectorales. Cependant la Préfecture n’a à cette date aucun dossier. Dès dépôt de la demande, le dossier est instruit dans un délai record. La Préfecture confirme que tout était prêt en juin.
Entre -temps, le marché est d’1 M€ est validé en octobre 2025 et l’installation, suite à l’accord de la Préfecture, prévue en juin 2026. En mai, report à juillet, dans l’attente de la livraison des filets.
Mi-juillet arrivée des filets, mais report en août sans justification cette fois. En août, report en septembre le temps d’appliquer l’arrêté d’interdiction de mouillage fixé au 11 septembre. Le 17 septembre, lors du Conseil Territorial, le Président Mussington indiquait qu’il valait mieux attendre la fin de la saison cyclonique… nous y sommes.
850 m de barrage, positionnés dans la Baie de Cul-de-Sac et à l’embouchure de l’Étang aux Poissons étaient prévus. Le service environnement de la Collectivité, contacté le 22 octobre, annonce désormais la pose des filets en novembre à Cul-de-Sac et dans un second temps à l’embouchure de l’Étang aux Poissons.
Dans les faits, l’entreprise ATSM (Antilles Travaux Sous-Marins), en charge de l’installation, n’a été payée que la semaine dernière, ce qui explique donc ce dernier report. Son gérant confirme qu’il posera effectivement les filets fin novembre. Pour le service environnement, la pose à cette période va pouvoir permettre de juger le comportement des filets dès le début de saison lorsque les flux sont moindres.
Du côté de GTN, l’entreprise en charge du ramassage des sargasses, selon son gérant « la dette de la Collectivité est importante » ; le travail effectué n’a pas été payé. Mais selon la Collectivité, les factures dépassent les montants prévus dans le cadre du marché public alors que le nombre de tonnes ramassées cette année, 9 700 tonnes, est nettement inférieur à celui de 2025 (16 000 t). Malgré tout, l’entreprise a décidé d’investir de son propre chef dans un nouvel engin pour ramasser avant échouement dans l’objectif d’améliorer la qualité du ramassage.
Nouvel engin et nouvelle association
Avec un profil assez proche du Sargator, et fonctionnant selon le même principe, le nouvel engin amphibie de la société GTN n’a pas vocation à aller en pleine mer. Néanmoins, il pourra ramasser les sargasses dans l’eau près du rivage avant qu’elles ne s’échouent (la bande des 300 m relève de la compétence de la Collectivité). Pour le gérant de la société GTN qui a investi dans ce nouveau dispositif, il s’agit d’être plus efficace. Le bénéfice immédiat est de retirer beaucoup moins de sable qu’avec l’enlèvement mécanique à terre. Cela limite par ailleurs l’émanation des gaz, qui se produit lorsque les algues ont touché terre. L’appareil, fabriqué aux États-Unis, a été transporté cette semaine jusqu’à l’embarcadère de Cul-de-Sac pour effectuer des tests dans les jours à venir. Reste à savoir si dans la complexité administrative des marchés publics ce changement de matériel de collecte sera possible. Un point sur lequel Collectivité et Préfecture indiquent qu’elles seront vigilantes, car pour faire évoluer un marché public (2024-2029), qui définit le prix à la tonne, il faudra prouver que cette solution est avantageuse avec un coût identique ou un rendement supérieur.
Quant aux capteurs, le dossier du prestataire pressenti sera soumis au prochain Conseil exécutif. L’installation, l’entretien annuel et l’analyse des données, relèvant plus du domaine de compétence de l’ARS, seront cependant cofinancés par la Collectivité et l’État.
Cela s’organise également du côté du collectif anti-sargasses. Les citoyens impactés par les échouements ont décidé de se structurer sous forme d’association afin d’avoir plus de poids auprès des autorités. Mais pour être plus efficace, l’association pourrait également permettre de collecter des fonds, auprès des copropriétés par exemple, pour financer des projets de lutte contre les sargasses ; une manière de passer outre les difficultés d’actions communes entre privé et public. L’association devrait être constituée d’ici début novembre.