Sargasses : des filets déviants bientôt déployés
Alors que Météo-France prévoit des arrivages d’algues très réguliers dans les prochaines semaines, les acteurs locaux tentent d’adapter leurs moyens d’action. D’ici le début du mois de juillet, des filets déviants devraient être installés dans la baie de Cul-de-sac et à l’embouchure de l’Étang aux Poissons.
Echouages plus fréquents, plus nombreux ou encore saisons plus longues, dans la Caraïbe, les sargasses ne sont plus seulement un phénomène épisodique. Depuis le début de l’année 2026 à Saint-Martin, 2 000 tonnes d’algues ont été collectées. La Collectivité territoriale emploie deux entreprises qui assurent un « nettoyage quotidien sur les plages », affirme Igor Rembotte, directeur de l’environnement à la Collectivité de Saint-Martin. En 2025, 16 000 tonnes de ces algues brunes ont été ramassées sur l’île. Avec des échouages dès le mois de mars, 2026 pourrait bien être une année record. À Cul-de-sac, Mont-Vernon et Oyster Pond, les odeurs d’hydrogène sulfuré (H2S) font partie intégrante de la vie des habitants. Issu de la dégradation des sargasses, ce gaz devient nocif pour la santé humaine lorsqu’il est présent dans l’air à de fortes concentrations.
Des outils de lutte contre les sargasses
À l’heure actuelle sur le territoire, le dispositif de lutte contre les sargasses se résume à l’usage de pelles mécaniques qui viennent retirer les algues directement sur le littoral. « Quatre sections de filets déviants devraient être installées à la fin du mois de juin ou au début du mois de juillet », confie Igor Rembotte. 850 mètres de barrage, positionnés dans la Baie de Cul-de-Sac et à l’embouchure de l’Étang aux Poissons. « Nous avons choisi ces sites car celui de la Baie Orientale est trop étendu pour y déployer des filets et celui de la Baie Lucas à Oyster Pond trop contraignant à cause de la houle », détaille le directeur de l’environnement à la Collectivité territoriale. Des équipements rigides, de 80 cm de haut et équipés de petites mailles dans lesquelles les tortues marines ne peuvent se coincer. Produits en Europe, ces filets permettront de canaliser les flux d’algues afin de faciliter leur collecte. Dans les zones d’implantation, les plans de navigation seront quant à eux modifiés afin d’assurer la sécurité des navires.

Par ailleurs, si les relevés de qualité de l’air sont actuellement réalisés grâce à des dispositifs mobiles, des capteurs fixes devraient être eux aussi implantés « d’ici le mois de septembre ». Des outils qui permettront de mesurer la quantité d’hydrogène sulfuré dans l’air et d’alerter la population en cas de taux trop importants. En effet, ces émanations toxiques peuvent provoquer des troubles respiratoires, des irritations oculaires, des vertiges et des maux de tête.
Afin de recueillir les observations, attentes et propositions pour lutter contre ce phénomène, une réunion publique s’est tenue la semaine du 7 mai en présence de Baptiste Le Nocher, coordinateur national du plan de prévention et de lutte contre les sargasses au ministère des Outre-mer. L’occasion d’échanger avec les acteurs locaux et de construire le nouveau plan de lutte intitulé « Sargasses 3 ». Un outil opérationnel qui devrait alors permettre « d’adapter les politiques publiques à la réalité du terrain », affirme Fabrice Thibier, secrétaire général de la préfecture. Pensé autour de six piliers : la prévention, la collecte en mer, le ramassage, le stockage, la valorisation et la question sanitaire, le futur plan de lutte contre les sargasses sera mis en place pour la période 2027-2031.