Accéder au contenu principal

Fêter les baleines, c’est les protéger

Par Ann Bouard
23 Février 2026
Amandine Vasselet (Mon école, ma baleine), Emmanuel Demanez (WindAdventure), Julien Chalifour (Réserve Naturelle), Amadine Bordin(EDEN-I).

La journée internationale de la baleine, célébrée chaque année le 19 février, est consacrée à la protection et à la défense des baleines. Et le sujet est loin d’être abstrait : ces géants des mers sont actuellement bien présents dans nos eaux. Leur préservation est devenue une priorité. 

C ’était tout l’objet de la Fête de la Baleine organisée dimanche dernier à la Baie Orientale par l’association EDEN-I et WindAdventure, avec la participation de Mon École Ma Baleine et de l’AGRNSM (Réserve Naturelle). Les plus enthousiastes à l’idée de cette fête étaient les enfants, ce qui est un bon présage pour l’avenir de la planète. Ils étaient ravis de pouvoir participer aux animations et activités autour des cétacés et de la biodiversité marine. Maquillage sur le thème, concours de dessin et surtout les casques de réalité virtuelle leur ont permis l’espace d’un après-midi de s’immerger dans l’univers marin. Les adultes, eux, ont pu échanger avec les différents partenaires présents, tous engagés pour la protection du milieu marin. La journée s’est conclue par une conférence au Théâtre de la Chapelle, abordant les cétacés mais aussi la réglementation en vigueur dans le sanctuaire AGOA et la Réserve Naturelle. Une réglementation que certains ont tendance à occulter pour tirer profit de la présence de ces espèces dans nos eaux. Car si les baleines sont des symboles de biodiversité, elles sont aussi devenues de véritables actrices économiques.

Observer oui, mais de loin

Aux Antilles, l’observation des cétacés génère chaque année entre 50 et 60 M$ et attire plus de 350 000 visiteurs. Le « Whale Watching » est devenu lucratif notamment en République dominicaine et à la Dominique, où l’activité représente désormais près de 18 M$ de chiffre d’affaires annuel. Les Antilles françaises ne sont pas en reste et l’activité se développe de manière plus ou moins encadrée. Cependant, la réglementation pour garantir la durabilité de l’activité et surtout limiter le stress infligé aux cétacés existe bel et bien. Il est notamment interdit de s’approcher à moins de 300 m des animaux - que ce soit en bateau, jet ski, drone, kayak ou tout autre moyen de navigation - et si les animaux s’approchent volontairement il faut réduire sa vitesse.
à Saint-Martin, un seul opérateur est actuellement agréé « Whale Watcher », Emmanuel Demanez (Wind Adventure). Du côté néerlandais, il n’y a aucun opérateur. Cependant la Nature Foundation alerte sur les dangers liés à des intrusions non adaptées et demande aux témoins de protéger la tranquillité de ces animaux en ne communiquant pas leurs coordonnées, pour éviter que des masses de bateaux et de jet skis se précipitent. À noter que toutes les espèces de baleines et de dauphins sont protégées en vertu du Protocole SPAW (zones spécialement protégées et faune sauvage) et du décret sur la conservation de la nature. 

BioWhale : comprendre pour mieux protéger

C’est dans cette optique de préservation et d’étude des espèces qu’a été créée l’association Eden-I, du nom d’une espèce de baleine (le Rorqual de Bryde, Balaenoptera edeni). Elle développe le projet BioWhale, qui vise à financer la préservation et la connaissance des baleines à bosse et autres mammifères marins autour de Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Le projet prévoit l’organisation de missions scientifiques en mer (photo identification), des sorties pédagogiques pour les enfants, des événements publics et le développement des sciences participatives pour mieux faire connaître ces espèces et mobiliser le territoire autour de leur préservation.
Il est possible de soutenir le projet BioWhale en faisant un don (association.edeni@gmail.com). L’association a besoin d’environ 9 000 € pour financer ses missions scientifiques en mer, améliorer les connaissances sur les mammifères marins, faire découvrir la biodiversité marine aux enfants et, plus largement, contribuer à la préservation des océans – dans un contexte d’explosion du nautisme. L’objectif est de pouvoir financer trois saisons d’études scientifiques.                            

Ann Bouard