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Nicole Noilhetas : garantir une école inclusive et ambitieuse

Par Ann Bouard
27 Juillet 2026

C’est dans un esprit de communication et une volonté d’échanges réguliers avec les médias que la nouvelle vice-rectrice des îles du Nord a tenu sa première conférence de presse vendredi dernier. L’occasion pour elle de livrer sa vision du territoire, de lister les projets, nombreux, qu’elle entend développer dès la prochaine rentrée scolaire ou dans un avenir plus lointain, et de rassurer sur certains dossiers.

C’est forte d’un parcours varié à différents postes au sein de l’Éducation nationale et de trois années passées en Nouvelle-Calédonie que Nicole Noilhetas arrive à Saint-Martin. Mais sa nomination n’est pas due au hasard, elle avait pris la mesure du territoire avant même de candidater. Le choix est donc assumé avec la volonté de réduire les inégalités et d’accompagner au mieux les élèves de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy. Une tâche qu’elle souhaite mener aux côtés des services de la Collectivité et de l’État, mais aussi des socioprofessionnels et des associations sans oublier les parents car, comme elle le rappelle, il s’agit d’une « co-éducation ».
Pour ce faire, elle s’appuiera sur trois axes principaux : le premier, « sécuriser » les établissements et les parcours des jeunes, stabiliser les équipes et mettre en place une continuité des parcours et du service public, le second « organiser » en inscrivant les actions dans un projet cohérent et enfin, «anticiper » en mettant en place un travail stratégique sur plusieurs années.
Tout cela sera mené en étroite collaboration avec l’Académie de Guadeloupe, dont les équipes seront plus présentes sur les îles du Nord afin d’accompagner notamment le corps enseignant des deux territoires dans leurs formations. Elle envisage également d’installer une antenne des services de l’Éducation à Saint-Barthélemy.

Nicole Noilhetas 01 prise de poste 2026

Les priorités de la rentrée

Afin de mieux accompagner les élèves selon leurs besoins, la vice-rectrice se basera, et c’est une première, sur l’analyse des résultats aux dernières évaluations et examens. Si les mathématiques et le français demeurent la priorité de l’enseignement, elles seront assorties de nouvelles exigences : rendre les jeunes autonomes mentalement et intellectuellement. En clair, il s’agit de leur apprendre à raisonner et à analyser par eux-mêmes et non plus par le prisme des réseaux sociaux. De nouveaux programmes ont d’ores et déjà été développés l’année dernière dans certaines classes ; cette année ce sera au tour des CE2, CM2 et 5e d’en faire l’apprentissage. Mais cela commencera bien plus tôt, dès la petite section, avec un éveil aux mathématiques et la compréhension du langage avec sur ce point un impératif, laisser les élèves s’exprimer dans leur langue maternelle pour ne pas entraver leur développement. Ces nouvelles pratiques pédagogiques passeront par la formation des enseignants.

Le maintien des classes bilingues

Pas de sujet sur ce dossier, les quatre classes bilingues en cours préparatoire et les huit classes bilingues dans les autres sections seront maintenues. Le plurilinguisme est « une véritable force » pour Nicole Noilhetas qui souhaite que les langues soient le fil conducteur de toute la scolarité des élèves. Avec seulement 12% des effectifs dans les classes bilingues, il lui semble nécessaire de développer d’autres dispositifs à l’attention de l’ensemble des élèves tels que l’enseignement des matières par l’intégration d’une langue étrangère (EMILE). Elle entend également initier une réflexion sur la continuité du parcours pour poursuivre cet enseignement bilingue dans le second degré, tout en étant consciente que cela demandera du temps. Des projets comme ceux d’ERASMUS, de citoyens du monde de l’UNESCO ainsi que le développement de la coopération régionale, avec bien entendu Sint Maarten, mais aussi Anguilla puis St Kitts devraient donc être plus effectifs.

Des projets à court et moyen terme

L’orientation, et tout particulièrement dans les sections professionnelles, est un dossier auquel la vice-rectrice souhaite également s’atteler, partant du constat que beaucoup d’élèves n’ont pas de projet et ont une méconnaissance des métiers. Un projet pluriannuel d’orientation sera mis en place dès la 6e et une présentation des métiers sera introduite en classe de 5e. L’objectif est de réduire le décrochage après la 3e. Le décrochage sera d’ailleurs sa troisième priorité, notamment pour les jeunes de 16 à 18 ans qui sortent du système et n’ont aucun diplôme ni formation et pas d’emploi. Pour Nicole Noilhetas, le problème est urgent à traiter, en repérant les jeunes à risque dès l’élémentaire. Elle souhaite pour cela s’appuyer sur les associations locales, la Mission Locale avec qui une rencontre est déjà planifiée, en développant le dispositif « vacances apprenantes » ou l’offre de formations en adéquation avec les besoins économiques du territoire.

« L’école est un lieu sacré »

«  On doit avoir plaisir à y être et à apprendre. C’est l’affaire de tout le monde, y compris des parents », insiste Nicole Noilhetas. L’empathie, le vivre ensemble, le renforcement de l’estime de soi doivent prévaloir sur le harcèlement et les violences physiques ou verbales. « Il faut mettre en place des plans de lutte contre toutes les formes de discriminations et de violence ». Des dispositifs existent déjà dans les établissements scolaires, ils devront être efficients. Mais c’est aussi la synergie entre toutes les actions, de repérage, d’accompagnement, et la prise en compte du bien-être et de la santé, y compris mentale, des élèves et des enseignants qui permettront de réduire les inégalités et éviteront le décrochage scolaire. Reste à structurer toutes ces actions, ce à quoi la vice-rectrice a promis de s’atteler dès à présent.  
Nicole Noilhetas portrait 2026

 

Ann Bouard