Les Olympiades des quartiers : sport et vivre-ensemble
Le Comité territorial olympique de Saint-Barthélemy et Saint-Martin (CTOS) a officialisé, la semaine dernière, le lancement de la première édition des Olympiades des quartiers. Un événement inédit qui se veut avant tout un outil de cohésion sociale, en réponse aux tensions persistantes chez les jeunes du territoire.
Le projet est mené par le CTOS, avec le soutien de l’Éducation nationale, de la Collectivité et de l’État, en collaboration avec les conseils de quartier et le comité de cyclisme de Saint-Martin. Si l’objectif est de mobiliser les jeunes autour de l’activité physique, le projet s’inscrit dans une dynamique plus large de prévention et de sensibilisation. « Le sport est un levier essentiel pour la cohésion, l’inclusion et l’éducation », a rappelé Virginie Carrien, présidente du CTOS, qui souhaite transmettre les valeurs de l’Olympisme à la jeunesse locale : respect, amitié, engagement, dépassement de soi ou encore tolérance et esprit d’équipe.
valoriser les jeunes
Dans la continuité des Assises de la violence chez les jeunes, « le vivre-ensemble est la première chose à inculquer », pour le vice-recteur. Ce travail de fond engagé avec les institutions, qui a permis d’identifier des réalités préoccupantes, appelait à passer à l’action, car il est urgent de recréer du lien, de redonner des repères et surtout de valoriser la jeunesse, insiste Harry Christophe, pour endiguer notamment les actes de violence et les incivilités qui ont de plus en plus cours dans les établissements scolaires mais également lors de rencontres sportives. Un constat partagé par la sous-préfète Marie-Hildegarde Chauveau, pour qui ces olympiades peuvent être un outil pour « les aider à aller sur ce chemin de citoyenneté, de vivre-ensemble, de respect, de discipline, d’insertion dans un groupe et de rencontres entre des jeunes de différents quartiers »
L’objectif est de gommer les rivalités et encourager un sentiment d’appartenance commun à Saint-Martin et non plus par quartier. La volonté d’avoir un territoire dynamique où le sport doit être au cœur des quartiers va également dans le sens de la Collectivité, comme l’a indiqué Marc G. Ménard, conseiller territorial chargé des sports à la Collectivité et président du CEES.
8 mai : entre mémoire et engagement sportif
Le préfet était sensible à ce que l’on redonne de la place aux jeunes dans les cérémonies commémoratives. L’idée est donc de continuer sur cette voie. Les conseils de quartier et les associations ont pour mission de sélectionner les 60 jeunes qui participeront à cette première édition, soit 5 filles et 5 garçons par quartier, avec un souci de mixité : 4 jeunes de 10 à 12 ans, trois collégiens et trois lycéens, avec une attention particulière portée à ceux qui sont habituellement en retrait.
Cette première édition se tiendra le 8 mai, dans le cadre du Festival Langues, Arts et Culture.
Elle débutera par la participation des jeunes à la cérémonie commémorative du 8 mai, avec un temps d’échange avec les institutions - gendarmerie, police, pompiers - afin de « remettre de l’humain » derrière ces structures et favoriser le dialogue. Ensemble, ils rejoindront ensuite à vélo Sandy Ground. Les activités se dérouleront sur le parking de l’école Jérôme Beaupère, qui sera sécurisé pour l’occasion, pour la partie course à pied, et dans l’enceinte de l’école Aline Hanson pour la partie vélo, avec plusieurs ateliers d’habileté et d’adresse. Cette partie sera animée par l’association SXM Sécurité Routière, qui en amont organisera un stage le 29 avril au collège Mont des Accords. Ils vont apprendre à se connaître, à travailler ensemble pendant 1 h 30 ; « on va parler des comportements routiers à deux roues, leur faire prendre conscience du savoir rouler à vélo ou moto et des équipements nécessaires » précise son président Bruno Ravier.
La Collectivité a d’ores et déjà commandé une douzaine de vélos pour les mettre à disposition de ceux qui n’en ont pas. Par ailleurs, les deux associations cyclistes de Sandy Ground se disent également prêtes à en fournir. La journée se clôturera par un moment de partage, là encore pour favoriser la mixité et les échanges entre jeunes des différents quartiers, autour d’un repas offert par la CTOS (Caisse territoriale des œuvres scolaires).
On l’aura compris, le sport est un prétexte pour que les jeunes se rencontrent, échangent et prennent conscience que le bien-vivre ensemble peut avoir du bon. Cela lance une nouvelle dynamique, et dès l’année prochaine, les 2es Olympiades seront organisées dans un autre quartier et avec d’autres activités.