Cadres d’Avenir : un coup de pouce pour les jeunes, un atout pour le territoire
Quatre jeunes ont signé, le 13 août, leur contrat d’engagement dans le cadre du dispositif Cadres d’Avenir. À la clé : un accompagnement financier et pédagogique pour poursuivre leurs études dans l’Hexagone, avec l’objectif de revenir ensuite mettre leurs compétences au service du territoire.
Pensé en premier lieu pour la Nouvelle-Calédonie, le dispositif Cadres d’Avenir a été élargi à d’autres territoires et mis en place en 2023, à titre expérimental pour une durée de cinq ans, jusqu’en août 2028, en Guadeloupe, en Martinique et à Saint-Martin. Il accompagne les jeunes de moins de 30 ans (lycéens, étudiants ou personnes en reprise d’études) dans la poursuite de leur formation dans l’Hexagone, afin de répondre aux besoins en cadres intermédiaires et supérieurs des territoires concernés.
Une démarche saluée par le secrétaire général de la Préfecture, Fabrice Thibier, qui en a lui-même fait l’expérience en son temps. Originaire de La Réunion, il avait en effet pu bénéficier du financement d’un aller simple… Aujourd’hui, le dispositif est bien plus conséquent et surtout mieux réfléchi.
Former les futurs cadres
Soutenu par la Collectivité de Saint-Martin et LADOM (L’agence de l’outre-mer pour la mobilité), Cadres d’Avenir inclut une aide à l’installation de 800 €, la prise en charge d’un billet d’avion aller-retour chaque année et une allocation mensuelle forfaitaire de 808 €. Mais, comme l’a indiqué Nesly Dolne, responsable de LADOM sur les îles du Nord, les bénéficiaires ont également un suivi administratif et pédagogique avec un interlocuteur dédié, et un accompagnement lors de leur insertion professionnelle. Une aide financière non négligeable pour les familles et un soutien important pour les jeunes qui se retrouvent « expatriés » avec souvent des difficultés d’adaptation.
La sélection des candidats se fait parmi ceux ayant déjà obtenu un diplôme et ayant un projet professionnel dans l’un des secteurs d’activité en difficulté de recrutement. Pour cette promotion 2026, ils étaient quatre jeunes bacheliers, sélectionnés pour leur parcours scolaire, leur motivation et leur projet professionnel, à signer leur contrat d’engagement avant de s’envoler pour l’Hexagone. Un moment « solennel » pour Agnès Lautone, responsable de l’unité territoriale de la DEETS, car ces jeunes se lancent dans un processus long avec la volonté de s’engager pour Saint-Martin.
Partir pour mieux revenir
Seule jeune fille cette année, Thaïra Samer souhaite devenir architecte, mais elle a opté dans un premier temps pour des études de génie civil à Bourges, afin d’acquérir des bases solides, notamment en matière de rénovation des structures, nécessaires selon elle au vu des besoins du territoire. Autre secteur en manque de cadres, le BTP. C’est la voie qu’a choisie Keanu Rapin qui partira à Anglet pour préparer un BTS avec l’idée de revenir en tant que chef de travaux ou conducteur de chantier. Les deux autres candidats ont quant à eux décidé de tabler sur un secteur porteur, le tourisme, et se lanceront à la rentrée dans un cursus en hôtellerie-restauration. Gabriel Cadiou intégrera l’école Médéric à Paris et Mathéo Ginkels celle de Vatel à Bordeaux. Deux établissements reconnus en la matière qui devraient leur assurer la formation nécessaire pour ouvrir leur propre établissement à leur retour.
En contrepartie, ils se sont engagés à revenir exercer à Saint-Martin à l’issue de leur formation. Un délai cependant jugé un peu court, car dans la pratique, comme le souligne Fabrice Thibier, il faut souvent réaliser un stage de fin d’études. Un point sur lequel le rejoint Junisa Gumbs, directrice de cabinet du président de la Collectivité, qui soutient le déploiement du dispositif à Saint-Martin depuis ses débuts, et qui a indiqué qu’une réflexion était en cours pour, qu’au cas par cas, on puisse laisser le temps aux futurs cadres d’acquérir une première expérience professionnelle avant leur retour. À noter que l’aide financière de Cadres d’Avenir est cumulable avec l’APL (aide personnalisée au logement) et la bourse accordée par la Collectivité pour les études supérieures (jusqu’au doctorat).