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Air Antilles : dernière chance de sauvetage

Par Ann Bouard
23 Février 2026

Placée en redressement judiciaire début février, Air Antilles joue sa survie devant le tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre. Une seule offre de reprise est aujourd’hui examinée, portée par l’entrepreneur guadeloupéen Pierre Sainte-Luce. Le tribunal rendra sa décision le 5 mars.

Dans son jugement d’ouverture de la procédure, le tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre a fixé la cessation des paiements au 9 décembre 2025, date à laquelle les avions ont été cloués au sol sur décision de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). La juridiction a estimé que la compagnie était « hors d’état de faire face à un passif exigible avec son actif disponible » et faisait face à une trésorerie « particulièrement dégradée ». Malgré ce constat, une période d’observation de six mois a été accordée, les juges considérant qu’une perspective de redressement restait possible.

Une seule offre de reprise encore en lice

Plusieurs offres de reprise ont été transmises à l’administrateur judiciaire. L’identité des investisseurs n’a pas été communiquée, mais leurs projets sembleraient n’avoir pas convaincu ou ne comportaient qu’un rachat partiel de la flotte. Une seule proposition resterait donc à l’étude, celle de Pierre Sainte-Luce que l’on connaît à Saint-Martin par le biais de la clinique Wataki, inaugurée le 29 janvier dernier. Le chef d’entreprise guadeloupéen est en effet plus connu dans le milieu de la santé que dans celui de l’aéronautique, bien qu’il soit pilote. 
Sa proposition, examinée lors de l’audience du 19 février dernier par le tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre, a été jugée sérieuse, mais n’est pas encore totalement aboutie. Selon nos confrères de Guadeloupe La 1re, l’homme d’affaires proposerait, avec l’appui d’un groupe d’investisseurs, d’injecter 10 M€ dans la compagnie, dont 4 M€ immédiatement.

Trois semaines pour convaincre

Estimant que le projet devait encore être consolidé, le tribunal a accordé un délai supplémentaire, et l’examen du dossier a été renvoyé au 5 mars. Pierre Sainte-Luce devra d’ici là apporter des garanties supplémentaires, notamment en termes de financement, de flotte et d’organisation sociale. Les magistrats attendent également des précisions sur la capacité du projet à reprendre tout ou partie des 117 salariés.

Si le projet n’est pas jugé suffisamment solide par les magistrats, le 5 mars prochain, la liquidation de la compagnie sera prononcée. Dans le cas où le projet de reprise serait jugé recevable, restera encore à réaliser toutes les démarches auprès de la DGAC, car à ce jour la compagnie ne dispose plus de licence d’exploitation ni de certificat de transporteur aérien.                 A.B

Ann Bouard