Un parc naturel à Sint Maarten ?
Sint Maarten pourrait bientôt se doter de son premier parc naturel terrestre. Le gouvernement envisage de consacrer près de 17 hectares à la protection de la biodiversité, dans le secteur de Cul-de-Sac, à proximité du parc Emilio Wilson. Un projet attendu depuis plusieurs décennies, qui doit encore franchir plusieurs étapes avant de voir le jour.
Le 21 octobre dernier, le ministre du VROMI (ministère du Logement, de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et des Infrastructures de Sint Maarten), Patrice Gumbs, a annoncé que près de 17 hectares de terrains, jusqu’alors soumis à un bail emphytéotique privé, avaient été restitués au gouvernement. Situées dans les secteurs de Golden Rock et Industry, à Cul-de-Sac, ces parcelles connues sous le nom de « Rainforest Land » pourraient accueillir le premier parc naturel terrestre de Sint Maarten. L’île est aujourd’hui la dernière des Caraïbes néerlandaises à ne pas disposer d’un tel espace protégé.
Préserver la biodiversité et limiter les inondations
Au-delà de la protection de la faune et de la flore, ce futur parc présenterait plusieurs avantages environnementaux. La préservation de la végétation sur les collines permettrait notamment de limiter les risques d’inondation, de réduire les températures et de freiner le ruissellement des sédiments vers les récifs coralliens. Une étude réalisée en 2014 par l’UNESCO avait d’ailleurs identifié cette zone comme particulièrement adaptée à la gestion des eaux pluviales.
Le site pourrait également devenir un nouvel espace de découverte et de loisirs pour les résidents comme pour les visiteurs, avec le développement d’activités telles que la randonnée, l’observation des oiseaux ou des visites guidées. Il contribuerait aussi à la préservation d’espèces endémiques, notamment l’anolis barbu, un lézard que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde.
Si la restitution des terrains constitue une première étape, aucun calendrier de réalisation n’a pour l’heure été annoncé. Les modalités de gestion du futur parc et son statut juridique restent également à définir. Le ministre Patrice Gumbs prévoit de réunir les différentes parties prenantes afin de déterminer les conditions de gestion de cet espace naturel. Sa protection officielle devrait être intégrée à la révision de l’ordonnance sur la nature, actuellement en cours de rédaction.
La Nature Foundation, qui milite depuis de nombreuses années pour la création d’un parc terrestre à Sint Maarten, a exprimé son soutien au projet et sa volonté de participer aux consultations. Reste désormais à transformer cette ambition en réalité.