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Risque tsunami : un fléchage pour se mettre en sécurité

Par Ann Bouard
20 Octobre 2025

Les actions de sensibilisation au risque tsunami se poursuivent tout au long du mois, avec notamment le village itinérant des risques, et la pose de panneaux d’information. Les sept premiers ont été installés par la Collectivité vendredi dernier dans l’une des zones à risques du territoire, la plage du Galion.

Les Antilles font partie des régions du monde où le risque sismique est le plus élevé ; elles sont classées en zone 5, soit le niveau maximal. La boucle des Antilles représente en effet 80% de l’activité sismique annuelle à l’échelle du globe. 

C’est quoi un tsunami ? 

Un tsunami est provoqué par un séisme sous-marin ou côtier se produisant à faible profondeur (moins de 50 km de profondeur) et possédant une magnitude d’au moins 6,5. Le principe est toujours le même, deux plaques de la croûte terrestre se déplacent le long d’une interface, la faille. Ce mouvement génère des ondes sismiques, dans différentes directions et crée des reliefs dans le fond de l’océan. La déformation du plancher océanique déplace une grande quantité d’eau. Une vague se forme alors et se propage dans toutes les directions, Même si le séisme a lieu à des milliers de kilomètres, les vagues du tsunami peuvent parcourir de longues distances et déferler sur des côtes apparemment hors de portée. La vague peut atteindre une vitesse de 500 à 1 000 km/h en pleine mer.  Si près des côtes la vitesse se compte en dizaine de km/h, il n’en demeure pas moins qu’il faut être très réactif. 
Les signes avant-coureurs d’un tel phénomène peuvent être de fortes secousses, mais cela n’est pas systématique. Ce qui l’est en revanche, c’est le bruit de la mer (elle gronde) et son niveau : l’océan se retire de manière impressionnante et rapide. Le tsunami est alors imminent. Dans le cas d’un séisme local (très proche), le tsunami pourrait frapper en moins de 15 min. 

Appréhender le risque

Comme l’indique la préfecture de Saint-Martin, dans ce contexte, les canaux d’alerte traditionnels (comme FR-Alert ou les sirènes SAIP) ne sont pas adaptés, d’où la création d’une chaîne WhatsApp pour transmettre des alertes instantanées. Il s’agit aussi d’éduquer la population, plus habituée aux « réflexes cyclones » plus courants, qu’aux comportements adaptés en cas de tsunami.
Tout l’objet de la Journée Nationale de la Résilience (JNR) et des actions qui en découlent est de renforcer la résilience de chaque citoyen. La population doit apprendre à reconnaître les signaux naturels, et surtout être prête à évacuer immédiatement (en 15 min maximum) en ayant au préalable repéré les « safe zones ».
C’est dans cette optique que vendredi, le Préfet Cyrille le Vély, sa directrice de cabinet Marie-Hildegarde Chauveau, le Président Mussington, le président du conseil d’administration du STIS Steven Cocks et le directeur du STIS Yannick Kervoëlen, étaient présents pour la pose du premier panneau sur la plage du Galion. Comme expliqué par Mélodie Illidge-Jenkins, directrice de la Direction des Risques Majeurs et Héloïse Mercuel cheffe du service de défense et de protection civile (SIPDC) l’objectif est que toutes les personnes exposées au risque dans cette zone puissent bénéficier d’une signalisation claire et connaître le parcours à suivre. Le panneau avec la cartographie est complété par des panneaux de signalisation tout le long de la route, qui mènent à un point situé à 10 m au-dessus du niveau de la mer, niveau de sécurité défini par les autorités.
En tout ce sont 439 panneaux qui seront implantés sur la partie française de l’île, avec indication du parcours à suivre pour se mettre en sécurité.

Ann Bouard