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Gestion des déchets : bilans et défis

Par Sunita Mittal
20 Mars 2026
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À‭ ‬Saint-Martin‭, ‬la gestion des déchets est une course contre la montre‭. ‬Sous l’impulsion de Bernadette Davis‭, ‬présidente de la délégation Cadre de vie et transition écologique‭, ‬Laurent Guillaume‭, ‬directeur du département environnement et transition écologique‭, ‬fait le point sur les infrastructures‭, ‬les difficultés sur le terrain‭, ‬mais aussi les solutions concrètes attendues pour 2026‭ ‬et 2027‭.‬

L’Installation de Stockage des Déchets Non Dangereux (ISDND) de Grandes Cayes est l’unique décharge de la partie française de l’île, exploitée par Verde Sxm. C’est là que finissent pour enfouissement, tous les déchets qui ne peuvent pas être recyclés. Le site reçoit environ 40 000 tonnes de déchets par an. Le problème est simple : la décharge se remplit plus vite qu’elle ne se vide. Le casier numéro 10, mis en service en janvier 2025 avec une capacité de 48 000 m³, affichait déjà 35 000 m³ remplis fin 2025. Son remplissage complet est attendu courant avril 2026. Une réhausse permettrait de gagner trois mois supplémentaires — insuffisant. Un projet d’agrandissement plus conséquent, le Méta-Casier, d’une capacité de 140 000 m³, est en cours d’instruction administrative depuis septembre 2024. S’il est validé, il offrirait cinq années de capacité supplémentaire. Verde Sxm et la Collectivité tirent le même signal d’alarme : sans décision rapide, le territoire risque une rupture dès 2026. « On court année après année pour se redonner de la capacité », résume Laurent Guillaume. À plus long terme, Verde Sxm porte un projet de valorisation énergétique des déchets pour produire de l’électricité — l’autorisation et le permis de construire sont obtenus, la négociation tarifaire est en cours. À cela s’ajoute un problème croissant : les sargasses. En 2025, 13 677 tonnes ont été traitées sur le site, soit une hausse de 1 000 % depuis 2020.

Un civisme qui fait défaut

Saint-Martin présente des contraintes spécifiques avec un territoire exigu, et des habitations en retrait des axes principaux. Ces réalités ont conduit à organiser la collecte autour de points d’apport volontaire — plus d’une centaine de bornes réparties sur le territoire, collectées fréquemment en raison du climat. La règle est claire : ordures ménagères dans les bacs verts, emballages dans les bornes jaunes, verre dans les bornes dédiées, encombrants à la Déchèterie de Galisbay. Dans la pratique, ce tri est rarement respecté. « On trouve des gravats, des pneus, des huiles. Ça n’a rien à faire là », déplore Laurent Guillaume. Particuliers négligents, professionnels qui contournent leurs obligations légales, commerçants qui utilisent les bornes publiques à la place de filières privées : le mésusage est généralisé. Pourtant, les dispositifs existent. La déchetterie de Galisbay est gratuite pour les particuliers. Des campagnes de sensibilisation sont menées de plus en plus régulièrement. Alors pourquoi certains continuent-ils à décharger leurs déchets n’importe où ? La question du devoir citoyen reste entière, et les réponses peinent à convaincre. (À noter : pendant plusieurs semaines, les bornes n’ont pas été vidées en raison d’un changement du prestataire de collecte. La situation est depuis résolue.)

Les solutions à venir

Sur le front des infrastructures, deux nouvelles déchetteries sont prévues : l’une vers Grand Case, l’autre à Quartier d’Orléans. Rapprocher les équipements des habitants pour réduire les distances et, avec elles, les tentations de déposer ses déchets n’importe où : c’est l’objectif affiché. La première est estimée à 4 millions d’euros, en partie financée par l’ADEME — un budget qui inclut les travaux de voirie nécessaires à la viabilisation du terrain. Mise en service prévue en 2027. Sur le front des sanctions, dès 2026, la Brigade de la Propreté Urbaine sera assermentée. Ses agents, formés et habilités par le président du Conseil Territorial, auront enfin le pouvoir de constater les infractions et de verbaliser sur le terrain. Trois types d’infractions prévus au code pénal pourront alors être officiellement constatés et sanctionnés. « La formation technique, ils l’ont. Il manquait la formation juridique. On s’y engage cette année.»
Pour Laurent Guillaume, le message est clair: « Un détenteur de déchets est responsable de leur élimination et il doit le faire dans les règles». Un cap est donc fixé pour les deux années à venir avec des résultats capitaux pour l’île, et des enjeux environnementaux majeurs. 

Sunita Mittal