La présidente de la Croix-Rouge française en visite à Saint-Martin
Caroline Cross, la présidente de la Croix-Rouge française, était en visite sur le territoire samedi et dimanche. Saint-Martin était la première étape de son déplacement aux Antilles, dont l’objectif était avant tout de rencontrer les salariés et bénévoles pour évaluer les besoins.
Elue le 27 juin à la présidence de la Croix-Rouge française pour quatre ans, Caroline Cross a succédé à Philippe Da Costa. Médecin généraliste de formation, elle est bénévole depuis 1987. Tour à tour secouriste, formatrice, puis médecin instructeur national et médecin territorial, elle a été élue dix ans plus tard présidente territoriale de la Haute-Savoie avant d’entrer en 2003 au conseil d’administration de l’association, et d’être élue vice-présidente nationale l’année suivante. Elle connaît tous les rouages de l’institution et en femme investie, se donne désormais pour mission de mieux accompagner les outre-mer. Sa visite a débuté dès son arrivée samedi, par un entretien en privé avec le secrétaire général de la Préfecture, Fabrice Thibier, de la sénatrice de Saint-Martin, Annick Pétrus et de l’administrateur provisoire de la Croix Rouge de Saint-Martin, Frantz Acramel.
Première visite à Saint-Martin
Mais Caroline Cross souhaitait avant tout venir à la rencontre des bénévoles et des salariés, pour connaître les besoins et déterminer l’aide possible au niveau national. C’était aussi l’occasion de rencontrer les partenaires, Collectivité et État, pour étudier les possibles collaborations car pour la présidente, « chacun de son côté, on ne peut rien faire ». C’était également l’opportunité d’appréhender les particularités et de constater le fonctionnement sur le terrain afin de faire remonter les réels besoins à son conseil d’administration. Chaque territoire doit faire son diagnostic en termes d’existant, de collaboration avec les autres associations, ou avec les collectivités locales… pour pouvoir répondre à ses propres besoins. «Il faut voir là où il y a des trous dans la raquette pour essayer de mailler le territoire » a-t-elle indiqué à l’issue de sa visite de samedi.
Dimanche, elle s’est rendue dans les établissements gérés localement par La Croix-Rouge (crèche, centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA), espace santé jeune (ESJ), centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic - CEGIDD) et a rencontré l’équipe mobile d’intervention sociale (ÉMIS) et les bénévoles du bus santé itinérant. Autant de structures, actuellement sous administration provisoire, ce qui n’inquiète pas pour autant la présidente. « C’est un dispositif fait pour consolider et se donner le temps d’identifier les personnes qui souhaitent s’engager, qui se veut donc positif dans l’optique de développer une dynamique plus forte, tout en étant dans la continuité des actions. « Partout où il y a eu cette transition, on a pu trouver les bonnes personnes ». Les élections pour la délégation de Saint-Martin devraient être organisées en février prochain.
Anticiper les crises
Les outre-mer sont souvent les avant-postes des crises que l’on dénote plus tard dans l’hexagone, voire à l’échelle d’un continent. Leur taille permet d’expérimenter des solidarités, des dispositifs innovants, et permet des interventions croisées avec d’autres sociétés nationales. Pour la gestion des crises, la Croix-Rouge se sert des retours d’expériences de ces territoires pour élaborer ses interventions. Les crises étant désormais permanentes, il faut être capable sur un même territoire de répondre de manière coordonnée. Caroline Cross était donc particulièrement ravie de la présence de Nadia Chirlias, présidente de la Red Cross of Sint Maarten, indiquant lors de son discours son souhait de développer une collaboration transfrontalière, car « nos deux sociétés nationales ont une responsabilité commune, protéger les familles, soutenir les communautés, anticiper les risques et répondre ensemble ». Une option tout à fait envisageable car les deux Croix-Rouge peuvent travailler ensemble sans avoir à en référer à leurs États respectifs.
Appel aux bénévoles
Caroline Cross a aussi profité de son intervention pour lancer un appel : Saint-Martin a besoin de bénévoles ! Pour la présidente, chacun peut y trouver sa place - retraités, actifs, jeunes, formateur, secouriste, communicant – et « si tout le monde donne un peu on peut faire beaucoup mieux ». Les bénévoles sont indispensables pour renforcer les secours, accueillir les plus fragiles, accompagner les familles, former les habitants et préparer la prochaine crise. Localement, 32 salariés œuvrent aux côtés d’une soixantaine de bénévoles. Mais la Croix-Rouge recrute en permanence car le turn-over est fréquent, et la difficulté est de recruter des encadrants. S’il faut des personnes qui connaissent bien le territoire, de nouveaux venus peuvent enrichir l’action collective et faire grandir le réseau.
Cette tournée antillaise se poursuit cette semaine à Saint-Barthélemy et en Guadeloupe, avec notamment l’inauguration jeudi du nouvel entrepôt régional humanitaire de la Plateforme d’Intervention Régionale Amériques Caraïbes (PIRAC) aux Abymes. Il permettra de stocker jusqu’à 4000 kits familles, qui correspondent à 200 tonnes de matériel d’urgence ainsi que des unités de traitement d’eau potable déployables dans la zone en cas de crise. La Croix-Rouge française, via le dispositif PIRAC, travaille en étroite collaboration avec neuf sociétés nationales, soit 14 stocks d’urgence tropicalisés et résistants installés à travers la Caraïbe. Ces entrepôts permettent de pré-positionner du matériel afin qu’il puisse être déployé rapidement, quel que soit le lieu de la catastrophe. Des stocks d’urgence sont également positionnés dans les quatre territoires français, susceptibles, en cas de catastrophe de grande ampleur (telle que Irma), d’être renforcés facilement grâce au matériel de l’entrepôt régional humanitaire et à la collaboration avec les Forces armées des Antilles (FAA).