Handicap dans les outre-mer : pour une République accessible partout, y compris à Saint-Martin
Le 16 juillet, Annick Pétrus, sénatrice de Saint-Martin, Audrey Bélim, sénatrice de La Réunion et Akli Mellouli, sénateur du Val-de-Marne, ont remis à la ministre déléguée chargée du Handicap, Charlotte Parmentier-Lecocq, leur rapport d’information sur la politique du handicap dans les territoires ultramarins.
Pour mémoire la ministre était venue à la rencontre des responsables des différentes structures d’accueil dédiées à la prise en charge des personnes en situation de handicap sur le territoire en avril dernier. Lors de ce déplacement, Charlotte Parmentier-Lecocq avait rappelé la volonté du Gouvernement de renforcer l’offre de proximité dans les territoires ultramarins, au service de parcours de vie plus fluides, inclusifs et respectueux des spécificités locales. Elle souhaite pour cela transformer l’offre d’accompagnement, réduire les délais de traitement des dossiers, simplifier et alléger les procédures administratives et outiller les élus en créant une boîte à outils méthodologique.
Un rapport en 16 points
Le 3 juillet, le rapport « Handicap Outre-mer : faux départ et course de fond » était présenté au Sénat. Il est le fruit d’un travail collectif, nourri par plus de 150 auditions et des déplacements en Guadeloupe, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy. Il fait état de retards massifs dans les traitements, d’un manque criant de structures médico-sociales, de ruptures de parcours, et de moyens financiers qui ne tiennent pas compte du coût de la vie en outre-mer.
Seize recommandations sont faites au gouvernement pour changer les choses, dont le lancement d’un plan de rattrapage à 10 ans, le renforcement des Maisons Départementales pour les Personnes Handicapées et des équipes de terrain, le soutien aux initiatives locales innovantes, comme la Maison d’Accueil Spécialisée hors les murs à Saint-Martin, ou la refonte des modalités de financement pour mieux tenir compte des réalités ultramarines. La ministre s’est engagée à établir un plan de retour détaillé sur l’ensemble des propositions du rapport remis par les trois élus.
La sénatrice de Saint-Martin indique avoir reçu de la part de la ministre un engagement fort pour Saint-Martin avec la réalisation d’un diagnostic partagé entre l’État et la Collectivité, qui devrait déboucher sur la signature d’une convention bilatérale pour définir et mettre en œuvre les actions à venir. « C’est un pas important et nous serons pleinement mobilisés pour que les paroles soient suivies d’effets » a-t-elle indiqué.
C’est effectivement ce que l’on peut souhaiter, car lors de sa visite la ministre avait pu constater les manques flagrants sur le territoire, désormais formalisés dans ce rapport.
Les personnes en situation de handicap, à Saint-Martin comme ailleurs, doivent bénéficier des mêmes droits et du même accompagnement que partout en France.