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Grand Maison : le dialogue dans l’impasse

Par Ann Bouard
04 August 2025

Depuis le 26‭ ‬juillet‭, ‬les employés de l’enseigne de bricolage de Hope Estate ont cessé le travail‭. ‬Après plus d’une semaine de fermeture du magasin au public‭, ‬le dialogue entre grévistes et direction est bloqué‭. ‬Dans notre édition de mardi‭ ‬dernier‭, ‬nous avions fait état des revendications des salariés‭ ; ‬revendications sur lesquelles la direction de l’enseigne s’est exprimée par voie de communiqué et par la voie de la directrice métier du magasin qui a accepté de répondre à nos questions‭.‬

Sur les 12 salariés de l’entreprise, 10 sont en grève. Ils étaient encore 7 sur le piquet de grève samedi matin. Trois d’entre eux, étaient en effet absents, car ayant droit à leur congés annuels.
La direction souhaitait renouer le dialogue selon les modalités actées, à savoir par la voie du Comité Social et Économique (CSE) de l’entreprise, soit avec la personne élue au titre de représentant des salariés accompagné de deux salariées. Des modalités qui sont refusées par les salariés, qui souhaitent de leur côté être tous présents, comme cela était le cas lors de la grève de juin 2024, estimant « ne plus avoir confiance ». Le dialogue est donc semble-t-il le point de blocage essentiel, car sur les revendications qui ont motivé cette grève, les choses semblent avancer. Samedi la direction a fait une nouvelle proposition d’échanges selon de nouvelles modalités et est en attente d’un retour.

Un contexte difficile

Grand Maison est une entreprise saint-martinoise, qui a déjà connu bien des déboires. Le magasin a été détruit lors du passage d’Irma, mais avait su se relever, avait reconstruit le local et maintenu les emplois. Depuis deux ans, l’enseigne fait face à une conjoncture économique difficile et à une concurrence de plus en plus présente, notamment sur la partie hollandaise. Concernant le management, l’absence d’un directeur - celui en place étant en congés maladie depuis plusieurs mois - n’a pas facilité la continuité du dialogue social. Dans le communiqué, la direction se dit « très étonnée d’apprendre par la presse vendredi 25 juillet l’appel à la grève du samedi 26 juillet » et indique « prôner le dialogue social » et être « ouvert aux échanges ». 

Des progrès, mais tout n’est pas résolu

En substance, sur les revendications salariales, l’entreprise indique « respecter la convention collective nationale, pratiquer les promotions dans ses différents niveaux de compétences et assurer les augmentations des salaires chaque année en juillet »
tout en tenant compte du coût de la vie et des possibilités de l’entreprise. En 2024, les salariés ont ainsi pu bénéficier de la mise en place du 13e mois. Les grévistes, reconnaissent que les choses sont effectivement règlementaires, mais que les augmentations sont trop peu conséquentes au regard du coût de la vie à Saint-Martin. Les tickets-restaurant eux ont été proposés au CSE fin juin, validés en juillet et seront mis en place dans le courant du mois d’août avec une rétroactivité sur juillet.
Mais d’autres points restent encore en suspens pour les salariés, comme la sécurité, la réparation de matériel ou encore le manque de communication. Depuis vendredi dernier, ils ont reçu l’appui du syndicat UNIT 978. Syndiqués ou pas, Albert Blake entend défendre la totalité des salariés, car « le problème est global » estime-t-il.
Du côté de la direction, la porte reste ouverte aux négociations et un nouveau directeur devrait être en poste en septembre prochain. 

Ann Bouard