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Marigot : le casse-tête du stationnement

Par Sunita Mittal
10 November 2025

Le constat est unanime : trouver une place de stationnement à Marigot relève du parcours du combattant. Une situation qui pèse sur l’activité commerciale et soulève de nombreuses interrogations sur la gestion de l’espace public.

Chaque jour, des dizaines d’automobilistes tournent en rond dans les rues de Marigot, scrutant désespérément le moindre espace libre. En vain. « C’est devenu mission impossible de se garer », témoigne une habitante. Une pénurie de stationnement qui exaspère les usagers et perturbe l’économie locale.

L’inquiétude monte chez les commerçants

Les commerçants du centre-ville observent avec inquiétude la chute de leur fréquentation. « Les clients ne viennent plus flâner dans nos rues comme avant », déplore le gérant d’une boutique. « Quand les gens savent qu’ils ne trouveront pas où se garer, ils renoncent tout simplement à venir. » Avec l’émergence de zones d’activités commerciales comme Hope Estate, dotée de parkings spacieux, Marigot peine à rivaliser. Le parking de Galisbay, bien qu’existant, se trouve malheureusement trop éloigné du centre. Difficile pour certains de marcher jusqu’aux commerces de la rue principale, notamment par forte chaleur. Faire du lèche-vitrine, et profiter de l’ambiance devient compliqué. « C’est dommage, car Marigot a un cachet que n’ont pas les zones d’activités», regrette une habitante. « Mais la praticité l’emporte sur le charme quand on ne peut pas se garer. » Même les salariés des entreprises rencontrent désormais des difficultés pour se rendre au travail. « Dès 8h30, c’est déjà plein partout », confirme une commerçante. Les professionnels sont donc obligés de se débrouiller pour simplement travailler, certains arrivant très tôt.

Mais où sont passées les places disponibles ?

Le manque de places disponibles contraste pourtant avec la présence de nombreux véhicules immobilisés sur la voie publique. Des voitures hors d’usage ou abandonnées occupent des emplacements qui pourraient être libérés. À cela s’ajoutent les véhicules de résidents partis à Saint-Barthélemy, souvent pour la semaine : autant de places monopolisées. La zone de taxi bientôt en réaménagement fait également débat. Si la modernisation future est jugée nécessaire, certains s’interrogent sur la surface du projet, peut-être trop étendue pour la quantité de véhicules concernés. Un dimensionnement qui semble disproportionné aux yeux de plusieurs observateurs. Mais c’est surtout la question des voitures de location qui est particulièrement soulevée par les habitants. De nombreux véhicules de sociétés de location stationnent quotidiennement sur les places publiques du centre-ville, parfois toute la journée. « On aimerait savoir s’il existe un accord particulier avec ces entreprises », s’interroge un riverain. « Nous manquons d’informations sur ce point. »

Des solutions à portée de main

Pourtant, des alternatives ont existé. Un système de navette avait été mis en place pour desservir le parking de Galisbay et faciliter l’accès au centre-ville. Qu’est devenue cette initiative ? Le retour d’une zone bleue reste en suspens, elle pourrait cependant réguler le temps de stationnement et éviter les abus. La question du stationnement à Marigot reste donc entière, dans l’attente de décisions qui pourraient favoriser l’équilibre entre les différents usages de l’espace public et redynamiser l’activité du centre-ville. Sans action, le cœur de Marigot risque de continuer à se vider au profit de zones commerciales certes pratiques, mais moins authentiques.   

Sunita Mittal