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Contrats d’apprentissage : entreprises aux abonnés absents

Contrats d’apprentissage : entreprises aux abonnés absents

22 June 2021
Le Premier Ministre a annoncé en mars dernier la prolongation de l’aide exceptionnelle à l’apprentissage jusqu’au 31 décembre. Cette mesure du plan de relance, « un jeune, une solution », permet aux entreprises de bénéficier d’aides pour tout recrutement d’un apprenti. A Saint-Martin, jeunes et entrepreneurs boudent le dispositif. Freins ou manque de connaissances, l'Etat entend bien donner un coup d’accélérateur pour favoriser son développement.
 
Une vaste campagne de communication va être déployée dès cette semaine et jusqu’à mi-octobre pour sensibiliser lles principaux intéressés aux avantages des contrats en alternance. Le dispositif est en effet assez bien ancré en métropole (495 000 contrats signés en 2020) mais peine à séduire sur le territoire. La CCI avait lancé en mai une enquête auprès des 1000 entreprises cotisant à la formation professionnelle pour connaitre leurs besoins. Seules 40 ont répondu ! Pourtant les chiffres parlent d’eux-mêmes.
 
Une solution économique pour les entreprises, un moteur pour l’économie
 
Cette aide exceptionnelle pour les entreprises couvre 100 % du salaire d’un apprenti de moins de 18 ans et 80% pour les apprentis de 18 à 25 ans. Les entreprises, les associations ou les indépendants, qui embauchent un apprenti peuvent bénéficier la première année du contrat d’une aide financière de 5 000 € pour un apprenti mineur ou de 8 000 € pour un alternant de plus de 18 ans. Concrètement toute entreprise de moins de 250 employées peut bénéficier de cette aide, en signant un contrat d’apprentissage avant le 31 décembre 2021 (même si le contrat court sur l’année suivante). L’apprenti est présent dans l’entreprise à 75% et en formation les 25% de temps restant. La durée et le rythme de sa présence sont définis en début de contrat.
L’alternance permet à l’entreprise de bénéficier d’une main d’œuvre à moindre coût, au jeune de suivre une formation tout en étant rémunéré, et plus globalement de participer à l’économie de l’île en réduisant notamment le nombre de demandeurs d’emplois.
 
Cinq centre de formations agréés à Saint-Martin
 
30% de la population saint-martinoise est âgée de 16 à 25 ans. Fait inquiétant, 40% d’entre eux ne sont pas diplômés et 2200 ne sont plus scolarisés, n'ont pas de diplôme et sont sans emploi. Actuellement 734 jeunes sont inscrits à Pôle Emploi. La loi de septembre 2018 «Liberté pour choisir son avenir professionnel» modifie en profondeur la formation professionnelle et notamment la formation en alternance.
Désormais les apprentis peuvent suivre une formation jusqu'à 29 ans révolus, entrer en apprentissage tout au long de l’année, signer un contrat de 6 mois à 3 ans, être rémunérés entre 415 et 1200 € en fonction de l’âge et de la formation. Ils peuvent également bénéficier de 500 € d’aide pour passer leur permis de conduire.
Cinq centres de formation des apprentis (CFA) sont agréés sur l’île : le GRETA des Iles du Nord, Ford’in, l’Académie des métiers, LB Formation et Cloud com 971. Un sixième devrait voir le jour d’ici la fin de l’année. Chacun a ses spécificités, en matière de formations, diplômantes ou certifiantes, classiques ou hors cursus pour l’obtention d’un titre professionnel.
Toutes ces informations seront diffusées par les différents partenaires impliqués (DEETS, Collectivité, CCI, Pôle Emploi, Akto, CFA) lors d’interventions sur Youth Radio (92.5). La campagne de communication sera diffusée dans la presse écrite et via les réseaux sociaux. Dès le mois de juillet, un webinaire sera organisé pour informer les chefs entreprises sur les démarches à effectuer pour obtenir ces aides exceptionnelles. En septembre, un forum de l’apprentissage mettra en relations futurs apprentis, centres de formations et entrepreneurs, avec en complément un système de job dating (actuellement à l’étude)
« Je prends ma vie en main, j’apprends un métier, j’obtiens mon diplôme, je pense apprentissage » (en français, anglais, espagnol et créole haïtien) est le message que souhaite faire passer l’État. Pour les entreprises, il est plus direct : les contrats en alternance sont une solution économique.
 

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