Lancement de la saison cyclonique 2025
Mercredi se tenait une réunion qui rassemblait les principaux acteurs concernés afin de mieux préparer les mois à venir.
Depuis le 1er juin, la nouvelle saison cyclonique a commencé, et avec elle la nécessité de communiquer et de sensibiliser le public à la culture du risque et à toujours mieux se préparer. Chaque année, les recommandations de base restent sensiblement les mêmes, mais les différents intervenants ont tout de même précisé quelques points importants.
Louis Mussington a présenté les projets mis en place pour la gestion des risques, à savoir : la sécurisation du territoire, y compris celle du domaine maritime, en rappelant que le lagon n’est pas un abri sûr pour les bateaux. Il a insisté sur la préservation de l’ordre public, la nécessité d’une campagne de nettoyage préventive, ainsi que l’assurance du maintien des communications pour une meilleure sensibilisation citoyenne, afin que la population soit prête à toute éventualité en cas d’événement majeur.
Le préfet Cyrille Le Vély a souligné l’importance de la collaboration du binôme « président-préfet », tout en faisant remarquer que les expériences vécues lors du passage de Luis et d’Irma sont essentielles pour la préparation de l’avant et de l’après-cyclone.
Les prévisions de Météo-France
L’intervention d’Emmanuel Clopet a retenu toute l’attention du public avec ses analyses claires et précises : si la saison 2024 fut annoncée comme particulièrement active, elle a été finalement plutôt calme pour les territoires français, mais a eu cependant, beaucoup d’impact sur le continent américain. Météo-France travaille en collaboration avec le NHC pour livrer ensuite ses propres conclusions, à partir de moyens toujours plus performants, à l’image de ce nouveau radar mis en place l’année dernière. Elle tient compte de facteurs clés : la température de l’eau, plus basse qu’en 2024, et l’évolution des phénomènes El Niño et La Niña, actuellement en phase neutre.
Donc, si les prévisions pour 2025 restent supérieures aux moyennes des 30 dernières années, elles sont en revanche plus ou moins égales à celles des 15 dernières, ce qui constitue un élément plutôt rassurant pour cette saison. Il est toutefois important de rappeler qu’un seul phénomène suffit à tout faire basculer selon la trajectoire qu’il emprunte, et c’est à cela que les systèmes de surveillance seront essentiellement dédiés pendant les six mois à venir.
Mise en place d’un dispositif efficace
Héloïse Mercuel, cheffe du Service Interministériel de Défense et de Protection Civiles, a présenté les grandes lignes du plan ORSEC et les systèmes d’activation du Centre Opérationnel Départemental, en indiquant qu’un exercice de crise grandeur nature aura lieu dans un mois. Puis elle est revenue sur les détails du kit « cyclone », dont chacun doit s’équiper, ainsi que les attitudes à adopter et les différents niveaux d’alerte (jaune, orange, rouge, violet).
Puis Mélodie Illidge, directrice des risques majeurs au sein de la Collectivité de Saint-Martin, a détaillé le plan territorial de sauvegarde, les adresses et le fonctionnement des 7 abris anticycloniques mis à la disposition des habitants. Le plan d’évacuation de la population a été révélé, et elle a insisté sur la gestion de l’après-cyclone, comme le déblayage des axes de communication terrestres et maritimes. Une attention toute particulière doit être apportée à la connaissance du DICRIM (Document d’Information Communale sur les Risques Majeurs), mis à la disposition du public par la Collectivité de Saint-Martin.
Le commandant de la gendarmerie Hugues Loyez a annoncé la mise en place d’un plan anti-pillage, ainsi que la définition de 10 points de contrôle situés à des nœuds de circulation stratégiques. Il a révélé s’inspirer de l’expérience de Sébastien Manzoni (commandant de la gendarmerie de Saint-Martin lors du passage d’Irma).
Les recommandations de base seront diffusées régulièrement dans les médias durant les semaines à venir.
La saison cyclonique en chiffres
Bilan de 2024
- 18 phénomènes observés dans le bassin caribéen (moyenne : 14 sur les 30 dernières années)
- 11 ouragans, dont 5 majeurs (contre 7 et 3 en moyenne)
- Démarrage précoce en juin (Béryl, catégorie 4) et 2 périodes d’accalmie inhabituelles (dont 3 semaines en août)
- 422 décès liés aux ouragans, dont 357 aux USA
- 210 milliards USD de dégâts pour Helene et Milton
Prévisions pour 2025
- 16 phénomènes nommés, avec 8 ouragans, dont 4 majeurs (moyenne des 10 dernières années : 18 / 8 / 4)