Cyclones : les satellites US continueront de surveiller l’Atlantique
L’océan Atlantique se réveille… le mois d’août annonce l’arrivée du pic de la saison cyclonique. Bonne nouvelle, le suivi des phénomènes sur cette partie du globe continuera bel et bien à être assuré par les satellites américains. Après avoir annoncé la suspension du partage des données, le gouvernement américain est revenu sur sa décision au grand soulagement des météorologues.
Fin juin, l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), avait annoncé la fin du partage de ses données satellitaires. Une décision prise en partenariat avec le département de la Défense, officiellement pour des raisons de cybersécurité, et qui devait entrer en vigueur le 31 juillet. La nouvelle avait provoqué une onde de choc parmi les météorologues d’Amérique du Nord et des Caraïbes, alors que s’ouvre la période la plus active de la saison des ouragans. Finalement, in extremis, les autorités américaines ont fait marche arrière. Dans un communiqué, la marine américaine a confirmé que la transmission des données du Defense Meteorological Satellite Program (DMSP) « ne sera pas interrompue ».
Des données capitales pour prévoir l’intensité des ouragans
Ces données, recueillies grâce à trois satellites équipés de capteurs micro-ondes très haute résolution, permettent un suivi précis des systèmes cycloniques en formation et en développement. Leur technologie permet de visionner à travers la masse nuageuse, là où d’autres satellites échouent, de détecter l’œil d’un cyclone dès ses phases initiales, et d’estimer les volumes de précipitations.
Les services de Météo-France Antilles-Guyane, confirment qu’ils sont essentiels pour visualiser les structures nuageuses, notamment la nuit, et affiner les prévisions. Cependant, les États-Unis ne sont pas seuls détenteurs de données météo, l’Europe disposant de plusieurs satellites et de radars météorologiques déployés en Martinique, en Guadeloupe, à la Barbade et à Saint-Martin, capables de couvrir un rayon de 400 km.
Une coopération régionale à renforcer
Cet épisode révèle la dépendance régionale vis-à-vis des services américains. Le National Hurricane Center de Miami (NHC), reste l’organisme de référence pour le suivi des cyclones dans l’Atlantique. S’il arrête de fournir des données, les capacités d’observation seront réduites de moitié, rallongeant les délais entre deux balayages satellites de 6h à 12h ; des délais qui ont un impact direct sur les annonces et les alertes aux populations. Les États-Unis ont décidé de poursuivre leur collaboration jusqu’en septembre 2026, mais après ?
En réponse à ces incertitudes, les services météorologiques caribéens réfléchissent à adapter leur stratégie. Dans l’hypothèse d’un désengagement américain, Météo-France Antilles-Guyane pourrait être amenée à renforcer ses capacités, à l’image de la direction interrégionale de La Réunion, spécialisée dans l’océan Indien. Les territoires devront monter en compétence pour assurer eux-mêmes les prévisions de trajectoire cyclonique.
Pour cette année au moins, les services américains resteront pleinement mobilisés. Une bonne nouvelle à l’heure où l’océan Atlantique, réchauffé par des températures particulièrement élevées, entre dans la phase la plus critique de la saison cyclonique. Plusieurs perturbations sont en cours, mais ces phénomènes ne concerneront pas l’Arc Antillais. S’il est nécessaire de le rappeler, il convient de se référer aux sources et médias officiels pour suivre les prévisions et en aucun cas aux réseaux sociaux qui s’improvisent météorologues.