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SKA : la passion du Carnaval en héritage

Par Sunita Mittal
08 January 2026
Erica et Laticha Stephen, et Jessy (membre de SKA)

Le 7 février marquera le coup d’envoi du Carnaval 2026, et pour ce grand rendez-vous, l’équipe du journal plonge au cœur des festivités et vous ouvre les portes des coulisses de la grande parade ! Chaque semaine, partez à la découverte de ceux qui font vibrer l’un des plus grands événements de l’année : les créateurs, les acteurs, les associations, qui chaque année, nous mettent des paillettes plein les yeux. Premier arrêt donc cette semaine à Quartier d’Orléans, chez Soualiwomen Kultural Association (SKA), où deux sœurs passionnées ont transformé leur maison familiale en véritable fabrique à rêves carnavalesques.

Dans le salon des sœurs Stephen, c’est l’effervescence en ce début d’année. Entre rires, musique et éclats de voix, Laticha et Erica, fondatrices de SKA en 2017, supervisent les derniers préparatifs du thème 2026 : «Come Sea Me», choisi collectivement avec tous les membres de l’association. Autour d’elles, une équipe enjouée s’active sur les costumes, tandis que plusieurs enfants, observent avec attention les gestes des adultes. «Le Carnaval c’est un esprit d’équipe et de joie», scandent-elles en chœur, les mains occupées à fixer les derniers accessoires. Depuis 2020, les deux sœurs ont pris le pari fou d’organiser des événements toute l’année pour rassembler la communauté, mais aussi pour chercher les fonds nécessaires à l’organisation du carnaval. Ateliers, tombolas, ou bingo (comme ce dimanche 11 janvier), chaque activité permet de récolter l’argent indispensable. Car derrière quelques heures de défilé se cache un an de travail intense et minutieux : choix du thème, levée de fonds, confection des costumes, création d’une chorégraphie. Un investissement colossal pour ces membres actifs qui jonglent au quotidien entre vie professionnelle, familiale et cette passion débordante qui les anime.

Transmettre les coutumes, coûte que coûte

Ayant grandi à Rambaud, les sœurs Stephen regrettent un peu le temps d’avant, où les choses simples avaient de l’importance. Aujourd’hui, elles ont à cœur de préserver cette authenticité et de transmettre leur héritage aux nouvelles générations. «On est passionnés de traditions, de notre île, et surtout nous avons envie de transmettre notre savoir» explique Erica. «Nous sommes les grands maintenant, c’est notre devoir d’enseigner nos coutumes», renchérit Laticha. Cette philosophie se traduit concrètement dans leurs créations : des costumes sans nudité, et sans plumes – «ce n’est pas traditionnel ici et ça coûte très cher» – qui privilégient au maximum produits locaux et matériaux recyclés. Cette année, le thème prend vie à travers différents accessoires, comme des bijoux ingénieusement fabriqués à partir de bouteilles de soda : une méthode créative et écoresponsable.

Une famille soudée par la passion

«SKA, c’est une petite famille. Ces moments de préparatifs sont de réels moments d’échanges, de passion mais surtout de partage» témoigne Jessy, membre fidèle de l’association. Dans la maison familiale – le manque de fonds ne permettant pas la location d’un local malgré la nécessité d’un espace dédié – se déroulent les ateliers de confection dans une atmosphère chaleureuse et conviviale. Chaque membre fabrique son propre costume tout au long de l’année, lors d’ateliers de couture collectifs. Chacun donne ses idées, et un peu de son talent. Le système de bénévolat est la clé de leur organisation, car sous-traiter reviendrait trop cher pour l’association. Pourtant, malgré les difficultés financières et logistiques, les sœurs Stephen n’y voient aucun fardeau : «Organiser le Carnaval, ce n’est pas une contrainte du tout, c’est un échappatoire, ça n’est que du bonheur», concluent-elles avec un de leurs sourires radieux. Vingt d’entre eux défileront donc lors de la grande parade de Marigot le 15 février prochain, pour leur plus grand bonheur... et le nôtre !               

Sunita Mittal