Novembre : le mois de l’économie sociale et solidaire
Après octobre rose, place à l’économie sociale et solidaire. Kamaldine Attoumani, vice-président d’ESS France chargé des outre-mer et président de la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (Cress) de Mayotte, était en déplacement à Saint-Martin cette semaine pour promouvoir cette forme d’économie.
Lancé le 31 octobre lors du Forum mondial de l’ESS à Bordeaux - un événement réunissant 101 pays et 10 000 participants, dont une délégation ultramarine de 85 personnes - le Mois de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) vise à faire connaître ce modèle économique et à en présenter les enjeux. Contrairement aux idées reçues, l’ESS n’est pas un secteur d’activité qui ne s’applique qu’au social : toutes les entreprises quelle que soit leur activité peuvent s’engager dans cette voie, tout comme les porteurs de projets, les collectifs, les fondations et même les associations. Selon Kamaldine Attoumani, une association est une entreprise qui doit être gérée avec autant de responsabilités !
À Saint-Martin, la démarche ESS a été initiée en 2022, avec une première conférence en mars dernier en présence de Benoît Hamon, président d’ESS France. Cette semaine, la délégation menée par son vice-président a rencontré le préfet Cyrille Le Vély afin d’échanger sur le développement de l’ESS sur le territoire dans le cadre du plan d’action développé par la Collectivité.
L’objectif pour Saint-Martin est de développer l’entrepreneuriat comme levier de création d’emplois dans tous les domaines, via une économie collaborative fondée sur la participation et la solidarité. Ce modèle repose notamment sur une gouvernance démocratique et la réinjection des bénéfices au service du territoire.
Une convention avec la Mission Locale
C’est dans ce contexte qu’a été signée une convention entre ESS France Outre-Mer et la Mission Locale. L’enjeu est de pousser ce modèle économique auprès des jeunes pour les inciter à développer leur projet et à générer des emplois. Car, comme l’indique Raphaël Sanchez, président de la Mission Locale, 47% des jeunes de Saint-Martin sont hors parcours et même formés tous ne pourront pas accéder à un emploi salarié, d’où l’intérêt de les encourager à créer leur propre activité, en développant des projets qui correspondent aux manques sur le territoire, et ils sont encore nombreux.
Concrètement cette convention va permettre aux jeunes de la Mission Locale de bénéficier de plusieurs dispositifs d’accompagnement théoriques, mais surtout pratiques : des séquences d’incubation, de six demi-journées sur différentes thématiques afin de réfléchir sur les projets, mais aussi des sessions collectives thématiques ouvertes à tous ou des accompagnements individuels. Pour que les projets deviennent concrets l’aide financière est aussi partie intégrante via ESS outre-mer ou via les partenaires de la Mission Locale comme les banques ou Initiative Saint-Martin pour le financement, la CCISM sur l’aspect formation. Cela va permettre de leur mettre le pied à l’étrier et de les suivre des prémices du projet jusqu’à son développement. Le taux de survie à trois ans des entreprises ESS est de 70% alors qu’il n’est que de 40% pour une entreprise classique.
Une Chambre Territoriale
Le plan d’action prévoit également la création d’une chambre territoriale de l’économie sociale et solidaire, destinée à structurer et renforcer ce secteur porteur d’innovation, de cohésion et d’emploi local. Les premiers jalons ont été posés en mars dernier et la structure devrait voir le jour d’ici trois ans, le temps d’en peaufiner les fondations et de faire émerger de nouveaux porteurs de projets. Son rôle sera de travailler avec les politiques publiques, d’accompagner les entrepreneurs dans la création ou le développement de leur entreprise, agir en lien avec les structures d’insertion, et intégrer les différents marchés, publics ou privés, et enfin mesurer l’impact sur le territoire, encore faible. En effet, si environ 200 entreprises sont déclarées en ESS, 84 structures sont réellement actives et ont généré environ 150 emplois. Le bénévolat est encore prépondérant, notamment dans les associations.