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Coopération Saint-Martin et Sint Maarten : une signature historique depuis 1648

Par Ann Bouard
18 December 2025

Le Comité de pilotage Interreg Caraïbes se réunissait cette semaine à Saint-Martin avec au cœur des échanges la coopération régionale. C’est dans la droite ligne de cette thématique qu’a été signée hier en préfecture le volet 5 du programme opérationnel Interreg Caraïbes : la stratégie territoriale de coopération transfrontalière entre Saint-Martin et Sint Maarten. 

Créé en 2023, le programme Interreg VI Caraïbes 2021-2027 regroupe les représentants de la Région Guadeloupe, autorité de gestion, des régions Martinique, Guyane et Saint-Martin, du Secrétariat Conjoint, des préfectures, des Organisations Régionales Caribéennes telles que l’AEC, l’Association des États de la Caraïbe, le CARICOM, ainsi que la Commission européenne. Du 16 au 18 décembre, ces instances étaient réunies à Saint-Martin, en présence également des représentants de l’Union européenne à la Barbade, lors du comité de pilotage du suivi du programme. Plusieurs projets conjoints et innovants, pour un budget total de 61 M€ ont été examinés à cette occasion. Mais, ce que l’on retiendra de ces rencontres du mois de décembre, c’est la signature de la stratégie conjointe Interreg Caraïbes Saint-Martin / Sint Maarten.

Fédérer la zone Caraïbes

Comme l’a indiqué le Premier ministre de Sint Maarten, les problèmes du sud de l’île sont les mêmes que ceux du Nord. Il semblait donc logique de partager une stratégie territoriale globale et non plus scindée en deux parties. C’est cette « stratégie conjointe Interreg Caraïbes Saint-Martin  - Sint Maarten » qui a été signée ce jeudi 18 décembre par le 1er vice-président, Alain Richardson représentant Louis Mussington, le préfet Cyrille Le Vély et le premier ministre de Sint Maarten Luc Mercelina. Cette stratégie correspond à la 5e priorité définie dans le programme 2021-2027 d’Interreg. Celui-ci s’articule en effet autour de six priorités, déclinées tour à tour : l’intelligence et l’innovation, l’environnement et le changement climatique, la mobilité, l’inclusion, la coopération renforcée entre Saint-Martin et Sint Maarten et le renforcement d’une coopération plus large au niveau de la Caraïbe.
Dans un contexte de relations internationales de plus en plus tendues, la région Caraïbe a tout intérêt à se fédérer pour que chaque territoire sorte de son isolement. La région compte plus de 44 millions d’individus, ce qui n’est pas rien, et aura plus de poids en créant des alliances et en ayant une vision politique commune. Le renforcement de la coopération entre les deux parties de Saint-Martin constitue les prémices d’un élargissement hors de l’Union Européenne, même si c’est cette dernière qui soutient le projet par le biais du Fonds européen de développement régional de la Commission européenne.
C’est la première fois, depuis la signature du traité de Concordia en 1648, qu’un accord de telle envergure est signé entre la France et les Pays-Bas.

À problèmes communs, solutions communes

Concrètement, cet accord respectera les directives de l’Union Européenne tout en répondant aux besoins des deux territoires et en permettant l’intégration de partenaires régionaux. Il s’agit en effet de faire face à l’évolution de la société saint-martinoise dans sa globalité et de ses besoins, qui ont bien évolué depuis la signature du traité. Si les signes de coopération entre Saint-Martin et Sint Maarten se sont intensifiés au cours des dernières années, notamment sur le tourisme, la fourniture d’eau ou les politiques agricoles, les enjeux à venir – développement économique, résilience aux catastrophes naturelles, entre autres  - vont nécessiter d’autres accords. Avec une vision à plus long terme, les membres du Copil ont d’ores et déjà identifié quatre axes prioritaires sur lesquels il sera nécessaire de mettre en place une coopération plus étroite : l’eau, la santé, l’énergie et l’environnement. À cela s’ajouteront l’économie et le tourisme, la gestion de crise, le numérique, la jeunesse et la culture, l’urbanisme et la politique fiscale. Le travail sur ces sujets sera mené conjointement par la Collectivité, la Préfecture de Saint-Martin et le gouvernement de Sint Maarten et sera suivi par un Comité de Pilotage de stratégie transfrontalière.
Cet accord majeur pour les deux territoires, démontre l’envie de partager la même vision et une volonté d’agir de manière commune, et cela ne peut être que profitable à l’ensemble de la population.     

Ann Bouard