Swali : l’association qui fait danser la tradition
Nouvel épisode de notre série carnavalesque avec l’association Swali, anciennement connue sous le nom de Swalika. Depuis sa création en 2021, elle rassemble aujourd’hui soixante membres déterminés à transmettre la culture antillaise via le Ka et le Mas. Répétitions, confection de costumes, apprentissage des rythmes : l’association travaille toute l’année pour faire vivre cette tradition avec authenticité.
Swali vient de tourner une nouvelle page avec l’arrivée de Coralie Huron, Kenny Clarence et Cédric Lesuperbe à la coprésidence. Tous trois débordent d’énergie et portent une vision claire : multiplier les activités tout en préservant l’âme de l’association. «On veut vraiment être acteurs de la scène culturelle», affirment-ils avec enthousiasme. L’association s’organise maintenant autour de trois piliers : SwaliKa pour la musique, SwaliMas pour le mouvement carnavalesque, et SwaliKilti pour la préservation du patrimoine. Pour financer ses activités et le Carnaval, l’association, subventionnée par la Collectivité, multiplie néanmoins les initiatives toute l’année : foires animées, cours de Ka, Chanté Nwèl, prestations privées ou dans les écoles. Ces actions permettent de couvrir les six mois de préparation intensive : logistique, coordination et répétitions. Dans les ateliers associatifs, on récupère, on mutualise, on réduit les coûts pour que chacun puisse participer. Swali rassemble tous les profils – enfants et anciens, actifs et retraités, personnes de toutes origines – dans une atmosphère familiale et festive. Pour ses membres, faire vivre le Mas représente bien plus qu’un engagement associatif : c’est une véritable passion !
Le Mas : quand la rue devient scène
Le Mas, c’est ce mouvement carnavalesque qui repose d’abord sur une musique : le Ka. Tambours, contrebasse, basse, chachas, conque à lambi résonnent ensemble dans une polyrythmie héritée d’antan. Mais c’est aussi des danses traditionnelles, des costumes faits de tissus récupérés, des rituels ancestraux. À partir de novembre, l’association entre en effervescence avec deux répétitions par semaine réunissant musiciens, danseurs et fouetteurs. «Quand le son des instruments traverse le corps, ça rend heureux !», s’enthousiasme Coralie. Les ateliers de confection fonctionnent toute l’année : on récupère, on crée, on partage les techniques. L’apprentissage va au-delà de la pratique : chaque symbole a sa signification, chaque costume raconte une histoire, chaque rituel porte un sens profond. «Cette entraide, cette belle énergie collective, c’est vraiment ça l’essence du Mas», insiste Coralie.
Le déboulé et ses fouetteurs : gardiens de mémoire
L’association participera à plusieurs déboulés pendant la période du Carnaval, mais c’est celui du 18 février à Marigot, jour du mercredi des Cendres, qui constituera le moment fort. Ce déboulé de clôture respecte une tradition bien établie. Les fouetteurs ouvrent le cortège dans un rituel puissant. Avant que musiciens et danseurs n’investissent les rues, ils balayent et fouettent l’espace, marquant symboliquement la fin d’un cycle et le début d’un autre. Ce geste porte une dimension spirituelle importante, rappelant aussi le passé esclavagiste, dont la culture antillaise est héritière. Pour cette parade, Swali invite toutes les autres troupes à se joindre à elle dans les rues. Car c’est ça aussi le Mas: le partage ! Derrière les couleurs et la musique du Carnaval se transmet ainsi une mémoire collective. Pour les membres de Swali, perpétuer le Mas, c’est maintenir vivant un patrimoine qui unit passé, présent et futur.