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Marin-pêcheur : une réunion pour jeter l’ancre

Par La rédaction
10 Juillet 2025

Mardi dernier‭, ‬à l’initiative de la Collectivité‭, ‬était organisée une réunion d’information à Sandy Ground‭, ‬pour inciter les jeunes à rejoindre la filière des métiers de la mer‭. ‬Être marin-pêcheur‭, ‬plus qu’un métier‭, ‬une vocation qui nécessite cependant une formation‭.‬

Une vingtaine de jeunes ont répondu à l’appel et ont assisté à cette réunion, accueillis par Juliette Irish dans les locaux de l’association Nature Is the Key. Organisée pour répondre à une urgence bien réelle, le manque croissant de professionnels dans les métiers de la mer, cette rencontre a été l’occasion de planter une graine d’avenir. À la barre, Elie Touzé, directeur de la Croissance verte et de l’économie bleue à la Collectivité, a exposé l’objectif de la stratégie maritime durable : sensibiliser et mobiliser les jeunes vers des formations qualifiantes, notamment dans la pêche.
« En métropole, à Orléans, on a mené une campagne similaire dans les quartiers prioritaires. Une douzaine de jeunes formés, et tous ont trouvé un emploi ! » a-t-il partagé. Aujourd’hui, c’est à Sandy Ground que l’ambition prend le large. Elie Touzé rêve de voir les «marins-pêcheurs» du quartier renouer avec l’océan.

Des formations certifiantes pour des métiers très encadrés

L’idée est simple : valoriser un potentiel déjà existant. « À Sandy Ground, l’aisance aquatique et les talents sont là. Ce qu’il faut, c’est structurer un parcours », affirme Elie Touzé. Ce parcours, c’est une succession de formations: un CAP Matelot professionnel en six mois, suivi du CACPP (Certificat d’Aptitude à la Conduite de Petits Pêcheurs), trois mois de théorie et trois mois en mer. À terme, certains viseront le Brevet Capitaine 200 pêche ou commerce, tous délivrés en Martinique.
Encore faut-il remplir les prérequis : savoir nager, posséder un certificat médical, être de nationalité française et disposer d’un casier judiciaire vierge.
Parmi les intervenants, Mirella Meraut-Laurence, de l’école de formation maritime et aquacole de Martinique, elle-même fille de marin pêcheur, a rappelé l’importance de renouveler les générations. « Depuis 2011, je travaille à rapprocher les jeunes de ces métiers. Il faut leur transmettre la passion, mais aussi la rigueur. À l’école, ils apprennent la protection de la ressource halieutique.»

Retour aux sources

Les témoignages de professionnels locaux ont renforcé l’impact du message. Kevin, 30 ans, chercheur en nanotechnologie à Paris-Saclay, revient à ses racines. « La pêche, c’est plus qu’un loisir, c’est un lien avec la nature, une liberté. » Pour lui, entreprendre en mer permet d’allier respect des règles et indépendance.
Fabrice, 39 ans, originaire de Marigot, est un autre exemple inspirant. Navigateur depuis ses 20 ans, diplômé Capitaine 200 commerce et pêche, ancien chef mécanicien en Afrique, il est revenu en 2022 à Saint-Martin pour se consacrer à la pêche artisanale. Il a investi ses économies dans un bateau, un projet de 100 000 €. « Ce n’est pas facile, mais c’est possible. Il faut juste de la volonté. »
Enfin, Ben, 27 ans, chômeur, mais passionné de pêche depuis l’enfance, rêve d’avoir son propre bateau. « J’ai grandi les pieds dans l’eau. Être enfermé huit heures dans un bureau, ce n’est pas pour moi. » Ces histoires, mêlant tradition, ambition et reconversion, tracent un sillage porteur d’espoir pour une jeunesse trop souvent éloignée des perspectives maritimes. L’appel est lancé : il est temps que Saint-Martin se réapproprie la mer. 

La rédaction