Marché de l’emploi : photographie du territoire
À l’issue du bilan du Club de la conjoncture la semaine dernière, un focus assez révélateur a été fait sur le marché de l’emploi à Saint-Martin. Entre besoins des entreprises, qualification ou souhait des demandeurs d’emploi… les dissensions montrent que des aménagements et des efforts restent à faire en matière de formations.
En quelques chiffres clés, la relation marché du travail – emploi – formations a été détaillée sous différents aspects, donnant une photographie du territoire.
Environ 17 500 emplois déclarés ont été recensés dont plus ou moins 14 500 salariés et 3000 indépendants. En tête des employeurs, l’hôtellerie suivie par la construction et la restauration. Dans le top dix suivent ensuite, les vendeurs, les enseignants, les agents d’entretien, les ouvriers qualifiés du second œuvre du bâtiment, les employés administratifs, les caissiers et employés libre-service…
Le tissu économique local est essentiellement constitué de très petites entreprises et le premier employeur est l’intérim (52%), comme dans tous les territoires, sur des contrats précaires (CDD de moins d’un mois pour la moitié d’entre eux), dans quasi tous les domaines à l’exception de la construction. 11 000 recrutements ont été effectués par 969 entreprises en 2024.
Le problème de la qualification
Ces données mettent en exergue également le niveau d’études des salariés et des demandeurs d’emploi. La proportion des « sans diplômes » ou peu qualifiés (en dessous du CAP) qui exercent une activité est extrêmement importante sur le territoire : 28% d’entre eux. Si pour certains secteurs cela ne constitue pas un frein, cela devient une vraie problématique pour des secteurs tels que le BTP ou le management.
L’enquête menée par France Travail en termes de besoin des entreprises, elle, fait état de 1800 projets de recrutements sur l’année 2025, essentiellement en contrats saisonniers, dont la majorité dans l’hôtellerie-restauration, le BTP et le commerce. Dans le top 5 des métiers les plus recherchés par les entreprises : les employés de l’hôtellerie, les cuisiniers, les serveurs de café-restaurant, les jardiniers et les surveillants d’établissements scolaires et accompagnateurs d’élèves en situation de handicap. Les employeurs, dans 41% des cas, jugent que le recrutement est difficile, faute de candidats qualifiés.
Cette difficulté est accentuée dans les secteurs de la santé et du social (75%).
Multiplication des emplois
Il y avait 5 100 demandeurs d’emploi à fin 2024, soit +7% sur un an. 54% des demandeurs ont entre 25 et 49 ans, mais la plus forte augmentation du nombre de demandeurs est sur la tranche d’âge des moins de 25 ans (+34%). Une augmentation quelque peu faussée, car elle s’explique par l’entrée en vigueur au 1er janvier 2025 de la loi du plein emploi, qui intègre désormais les bénéficiaires du RSA ou encore les jeunes de la Mission Locale dans les chiffres de France Travail. Ces demandeurs recherchent des métiers en adéquation avec les besoins des entreprises, mais là encore se pose le niveau de qualification ou le fait qu’un tiers d’entre eux n’ont aucune expérience.
Ce qui a évolué également c’est la recherche même, car dans 60% des cas les demandeurs postulent désormais à plusieurs métiers et souvent dans des secteurs très différents.
Quant à la vision des élèves sur les 35 diplômes de la voie initiale, elle est souvent décalée par rapport à la réalité.
Comment mettre en place des politiques de formation qui soient en adéquation avec les besoins réels du territoire et la montée en compétence des demandeurs d’emploi est la question qui se pose à l’issue de l’énoncé de ces données. 15 organismes étaient actifs en 2024, dont 6 CFA avec 130 offres de formation, mais seulement 1500 personnes ont été formées entre 2019 et 2024. La formation professionnelle pourrait être une des réponses pour pallier le manque de qualification des demandeurs d’emploi. France Travail assure que des pistes sont d’ores et déjà à l’étude pour faire évoluer les choses.