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Hôtel St Martin Beach Resort : « 122 familles sacrifiées »

Par Lise Gaeta
11 Juin 2026

Mercredi 10‭ ‬juin‭, ‬les employés de l’hôtel St Martin Beach Resort tirent la sonnette d’alarme‭. ‬Rassemblés devant l’établissement‭, ‬ils dénoncent un plan de sauvegarde de l’emploi qui pourrait licencier 90‭ %  ‬des effectifs‭.    ‬ ‬

A Anse Marcel, l’Hôtel St-Martin Beach Resort, auparavant appelé le Secrets, n’accueille plus de clients depuis le 15 décembre 2025. Si les grilles de cet établissement, ouvert en 1986, demeurent fermées, le conflit social reste lui bien vivant. Selon les représentants du personnel, une centaine de salariés serait aujourd’hui directement menacée par une procédure de licenciement. « Ce sont 122 familles sacrifiées », alerte le Comité social et économique (CSE) de l’entreprise, estimant qu’environ 500 personnes pourraient être indirectement touchées. « Aujourd’hui, on est licenciés avec un plan qui se dit plan de sauvegarde de l’emploi, mais qui ne sauve rien du tout », s’exclame Ingrid Mathurin, secrétaire du CSE. Au-delà des emplois directs, les conséquences économiques de cette fermeture touchent également les fournisseurs, taxis et prestataires liés à l’activité de l’hôtel appartenant à la société Solcer.

Une fermeture « brutale »

Avec 258 chambres, le St Martin Beach Resort s’imposait comme le deuxième employeur privé et le plus grand établissement hôtelier de la partie française de l’île. En décembre 2025, pour justifier sa fermeture, la direction avait mis en avant des questions « de sécurité ». Un point que le CSE conteste et affirme qu’« aucun document officiel n’exigeait une fermeture immédiate ». Les représentants du personnel argumentent, « il s’agissait de travaux à réaliser dans un délai donné, avec des mesures compensatoires possibles ». Une cessation d’activité alors jugée « brutale », en pleine saison touristique. Le 31 décembre, le directeur de l’établissement quitte le navire, un départ qui n’a fait que renforcer le sentiment d’abandon parmi les équipes. 

Une « stratégie organisée » ? 

Les représentants du personnel affirment s’appuyer sur des échanges internes obtenus légalement. Selon eux, ces éléments montreraient une « stratégie organisée » visant à réduire artificiellement l’activité de l’hôtel afin de faciliter les licenciements. Le CSE y voit la preuve que « la réduction de l’activité n’est pas subie » mais « que la direction a consciemment manipulé la situation ». Les représentants du personnel dénoncent ainsi un plan de sauvegarde de l’emploi qu’ils qualifient de « plan de sabordage de l’emploi ». Un premier projet de licenciement aurait d’abord concerné neuf salariés en septembre 2025. Mais la procédure viserait désormais plus de « 90 % » des effectifs. Selon le CSE, l’inspection du travail aurait validé ce plan de « manière implicite ». 

Les pouvoirs publics interpellés

Aujourd’hui, le CSE appelle « solennellement les pouvoirs publics, la préfecture, la direction du travail et la Collectivité à intervenir ». Au mois de février, les membres du personnel avaient interpellé la sénatrice Annick Pétrus dont l’intervention aurait permis une prise de contact avec l’inspection du travail. Aujourd’hui, le CSE réclame la « transparence totale, la suspension des décisions injustifiées et des solutions concrètes pour préserver l’activité et les emplois » ainsi que « l’ouverture immédiate d’une enquête administrative indépendante ». Pour les représentants du personnel « ce dossier n’est pas une simple restructuration, c’est un sacrifice organisé de salariés ».    

Lise Gaeta