Journée décisive pour Air Antilles
La licence d’exploitation de la compagnie arrive à son terme ce mardi. Sans renouvellement, les avions resteront cloués au sol. Le président Mussington multiplie les entrevues à Paris pour trouver un nouvel investisseur, mais le temps est compté.
Après une réunion au ministère des Outre-mer, et des entretiens avec la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), les représentants du ministère des Transports et celui de l’Économie, Louis Mussington devait être reçu à Matignon lundi. Le Président compte en effet sur l’appui du gouvernement pour sortir Air Antilles de l’impasse financière dans laquelle elle se trouve. La DGAC demande aux compagnies aériennes de justifier d’une trésorerie d’un an pour obtenir une licence permanente ; celle d’Air Antilles n’excède pas deux mois. Cette fragilité financière freine également l’intérêt des investisseurs potentiels.
Sept investisseurs potentiels
La survie d’Air Antilles dépend donc d’un apport de fonds nouveaux, la Collectivité n’étant plus en mesure de la soutenir financièrement. Lors du dernier conseil territorial en août, le Président avait indiqué que la Collectivité souhaitait trouver un acquéreur pour reprendre les 40% de parts actuellement détenues par le groupe CIPIM. Début septembre, Louis Mussington se disait même prêt à céder une partie des 60% détenus par la Collectivité et affirmait que dès le 12 septembre des garanties financières seraient trouvées pour sauver le soldat Air Antilles. Les turpitudes gouvernementales ont pris le dessus et en ce 29 septembre l’incertitude restait de mise.
Pourtant sept investisseurs se seraient manifestés. Dans un premier temps, le Président de la Collectivité avait mis ses espoirs dans la proposition d’hommes d’affaires nigérians. Il semblerait désormais que le dossier de reprise le plus abouti serait celui d’un groupe allemand.
Les syndicats montent au créneau
Démarche spontanée ou action diligentée, toujours est-il que les représentants syndicaux de la SEML Air Antilles, jusque-là silencieux, montent au créneau. Dans une lettre adressée aux élus et datée du dimanche 28 septembre, SNPL France Alpa, SNPNC-FO et UNSA Aérien, demandent en reprenant les mots du Président, à ce que le gouvernement apporte un soutien politique clair à la Collectivité « qui porte seule cette relance stratégique » et plaide pour l’octroi immédiat d’une licence d’au moins six mois. Par ailleurs il demande également à ce que la compagnie soit accompagnée financièrement.
Sans l’extension de la licence de transporteur aérien à six mois, ils estiment n’avoir pas le temps ni les moyens pour démontrer la viabilité à long terme d’Air Antilles. L’avenir de la compagnie se joue dans les heures à venir… à suivre.