Coupes budgétaires 2026 : les outre-mer se mobilisent
Les acteurs économiques de tous les territoires ultramarins s’alarment des coupes budgétaires drastiques envisagées par le gouvernement en 2026 sur le principal dispositif de soutien à l’emploi et en faveur de la compétitivité des entreprises ultramarines, la LODEOM sociale. Quarante-deux organisations économiques ultramarines, parmi lesquels Michel Vogel, président du MEDEF-FIPCOM et Angèle Dormoy, présidente de la CCISM, ont cosigné une lettre ouverte adressée au Premier ministre et au ministre des Outre-mer.
Les entreprises ultramarines expriment leur consternation face aux orientations qui ciblent massivement les dispositifs de soutien à la compétitivité et à l’investissement (baisse de 10% des taux de défiscalisation), et hors de proportion avec les efforts budgétaires demandés dans l’Hexagone. L’objectif du gouvernement est de réaliser une économie de 150 à 350 M€.
Les organisations rappellent que les territoires ultramarins font face à des surcoûts structurels liés à l’éloignement, à l’exiguïté des marchés, à la dépendance logistique et à la vulnérabilité climatique, des réalités reconnues par l’article 349 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Selon elles, réduire les aides reviendrait à creuser encore l’écart de compétitivité avec l’Hexagone, au détriment de l’emploi et du développement local.
Des territoires sacrifiés
Depuis plusieurs semaines, le MEDEF Saint-Martin, la CEM de Saint-Barthélemy et la CCISM travaillent main dans la main, en concertation avec la FEDOM pour défendre les entreprises locales. En effet la réduction massive des exonérations sociales spécifiques Outre-mer entraînera inéluctablement une hausse du coût du travail, qui se répercutera sur les prix à la consommation et constituera une menace directe sur l’emploi.
Or malgré une baisse ces dernières années, le chômage reste élevé: plus de 14 % contre 7,4 % au niveau national, et plus de 30% pour les 15-24 ans (contre 19,2 % en métropole). L’IEDOM constate par ailleurs une hausse inquiétante des défaillances d’entreprises depuis début 2025, contrairement à la tendance nationale.
Les acteurs économiques s’inquiètent aussi du projet de loi de lutte contre la vie chère », qui, selon eux, introduirait des contraintes administratives et commerciales défavorables aux petites entreprises et à la production locale. L’exemple cité est la baisse du seuil de revente à perte qui pourrait favoriser les grands distributeurs au détriment des plus petits acteurs.
Étrangement, le Ministère des outre-mer se mure dans le silence et ne monte pas au créneau pour défendre des territoires dont il a la charge, donnant le sentiment de sacrifier la France océanique au profit de l’Hexagone. Ces orientations sont de plus contradictoires avec les annonces faites lors du Conseil Interministériel des outre-mer (CIOM) de 2023.
Ces sujets seront à l’ordre du jour du petit-déjeuner de l’entrepreneur qui se tiendra le samedi 13 septembre à la CCISM en présence des représentants de la FEDOM.