«Le malade imaginaire» dépoussiéré par la compagnie des Apatrides
Les classiques ont la vie dure, et c’est tant mieux. Le week-end dernier, la compagnie des Apatrides a joué les deux premières représentations du «malade imaginaire», offrant au public une version rafraîchie et audacieuse de l’œuvre de Jean-Baptiste Poquelin. Une revisite qui rappelle que la langue française, d’hier ou d’aujourd’hui, est toujours aussi riche.
Portée par des comédiens amateurs mais talentueux, cette adaptation s’inscrit dans des ancrages contemporains assumés. Audrey Duputié signe ici une mise en scène qui donne un véritable coup de jeune à la pièce, jouant sur les changements de ton, passant des alexandrins à la prose, avec quelques clins d’œil complices au public. Le résultat fonctionne : le spectacle est vivant, franchement drôle, et ne laisse pas le temps de s’ennuyer… si tant est qu’il le fasse, quelques surprises, musicales ou autres, recaptent très vite l’attention. Les costumes, loin des habits pompeux du XVIIe, sont surprenants, voire franchement délirants, et le décor peut rappeler à certains hypocondriaques modernes leur propre réalité.
Molière avait imaginé une comédie à la fois drôle et acerbe ; Audrey Duputié s’en empare avec intelligence pour en proposer une lecture résolument moderne tout en gardant intacte la portée critique de l’œuvre. Mention spéciale à Toinette, interprétée par Delphine Derrien, pleine d’énergie et de malice, mais aussi à Béline, seconde épouse d’Argan, incarnée par Martine Boudine, dont chaque apparition met le public en joie.
Et puis il y a les jeunes recrues, qui apportent une fraîcheur bienvenue, dont Mouche… mais pour découvrir ce personnage et le reste de la distribution, il faudra assister à l’une des deux prochaines représentations. Rendez-vous donc vendredi 27 mars ou samedi 28 mars à 20h au théâtre La Chapelle. Une adaptation réussie, qui montre, une fois de plus, que Molière n’a pas dit son dernier mot. Billets (20€) en vente sur : www.theatresxm.fr