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Un quartier, une fresque : les tortues de la Marina Fort-Louis

Par Jean-Michel Carollo
17 Octobre 2025

La paroi d’un simple container-réservoir transformé en support artistique pour illustrer le monde sous-marin‭, ‬et soudain tout devient beau‭.‬

Si certaines pièces de street-art sont régulièrement souillées de tags irrespectueux, celle-ci bénéficie d’une implantation qui la protège des graffeurs dont le courage est réduit à peau de chagrin lorsqu’il s’agit de se mouiller. En effet, il faudrait jouer les équilibristes téméraires et déjouer les lois de la pesanteur pour s’attaquer à la superbe œuvre qui signale aux bateaux que c’est là qu’ils peuvent se ravitailler en carburant. L’occasion de faire prendre conscience à tous les navigateurs que la faune et la flore du monde marin sont en équilibre précaire et qu’il est de leur devoir de faire tout le nécessaire pour protéger une telle beauté.
Sur la fresque en question, on observe un très large échantillon des espèces vivant dans nos eaux turquoise et plus particulièrement des tortues très symboliques de la région Caraïbe. À Saint-Martin, les tortues luth, vertes et imbriquées, les plus courantes, viennent pondre sur nos plages tous les deux à trois ans. Si les tortues caouannes et olivâtres peuvent également venir nous rendre visite, elles s’attardent rarement dans les parages, mais il n’est pas rare de les apercevoir de près ou de loin depuis le rivage, en plongée, ou sur le pont d’un bateau (en prenant garde de ne pas s’y brûler la peau comme dirait Gilbert).

Et la tortue arriva la première…

Il suffit que votre regard se porte sur la mer pour apercevoir une tortue qui pointe le bout de son nez pour respirer. Que ce soit à Tintamarre, à Grand Case ou dans les autres baies de l’île, il n’y a rien de plus magique que cet instant furtif. Les tortues marines passent la majeure partie de leur vie en mer, seules les femelles se rendent sur les plages pour pondre leurs œufs la nuit. Elles y cherchent un site de ponte propice (ce sera toujours le même) puis elles creusent un trou dans lequel elles déposent jusqu’à 200 œufs qu’elles recouvrent de sable et qui donneront naissance à une ribambelle de petites tortues pressées de rejoindre la mer.

Pour les reconnaître, c’est très simple :
La tortue imbriquée est la plus petite des tortues marines présentes sur nos côtes (elle fait moins d’1m de long) Cette espèce est classée en danger critique d’extinction sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature. On peut généralement la voir sur les récifs coralliens où elle se régale principalement d’éponges.
La tortue verte doit son nom à la teinte verdâtre de sa carapace ventrale, mais elle est plutôt de couleur brune et peut atteindre 1,5m de long (et peut peser près de 200 kg !). On la trouve souvent  dans les herbiers marins, elle est également classée en danger d’extinction.
La tortue Luth est la plus grande des sept espèces actuelles de tortues marines et la plus grande des tortues de façon générale. Son poids peut atteindre 700 kilos à l’âge adulte, et avec plus de 2m de longueur inutile de préciser que sa rencontre sur terre comme en mer est toujours un instant privilégié.
En revanche, si vous en rencontrez une qui mange une pizza en criant : « Cowabunga ! » c’est une tortue ninja, et là on s’éloigne du sujet. 

Jean-Michel Carollo