Un quartier, une fresque : à Quartier d’Orléans c’est une quadrilogie picturale + +
En venant de Marigot par la RN7, il suffit de ralentir un peu en haut du morne au niveau de l’église Saint-Joseph, pour les apercevoir au loin.
Pour s’en approcher davantage, rien de plus simple : c’est toujours tout droit puis à gauche après la pharmacie, et après avoir passé le stade on se retrouve au cœur de l’ensemble immobilier surnommé « Les Promenades de Quartier d’Orléans ». Face aux immeubles colorés, une première fresque de douze mètres de long retient l’attention sur le mur du stade, pas de doute nous sommes bien dans le «French Quater». En regardant de l’autre côté de la rue, on se retrouve nez à nez avec un superbe pélican (signé Espa).
L’emblème de Saint-Martin a ici toute sa légitimité puisque cette partie de l’île fut la première zone d’implantation des colons français avant 1648. En 2021, sous l’impulsion du président de la Semsamar de l’époque, l’association Ariana Mix’Art a donc imaginé et concrétisé un vaste projet de street art sur les murs des bâtiments, et c’est avec la participation des collégiens, lycéens, et artistes locaux que les fresques sont apparues, mais également grâce au sponsoring d’entreprises saint-martinoises qui ont fourni le matériel nécessaire et la matière première.
4 ans après les fresques sont toujours aussi belles
Une fois le chantier terminé, chaque habitant a alors découvert non seulement le pélican pré-cité, mais également un mandala géant (signé Mash) qui est devenu un motif récurrent sur toute l’île à tel point qu’il fait presque partie du patrimoine pictural et culturel de Saint-Martin. Puis un peu plus loin au centre du groupe d’immeubles, on ne peut que tomber en admiration devant deux chefs-d’œuvre hyper réalistes dont la grâce et la beauté laissent le promeneur quelque peu rêveur.
D’un côté, une jeune femme vêtue d’un ciré de marin brave la pluie et la tempête en guise de clin d’œil aux éléments naturels qui n’ont jamais vraiment réussi à détruire le caillou saint-martinois et encore moins le moral de ses habitants à la résilience légendaire. De l’autre côté, lui faisant face comme un miroir, une petite fille semble nager en apesanteur et se diriger vers une lueur prometteuse et salvatrice, à moins que ce soit la fameuse lumière au bout du tunnel qui mène au monde meilleur que chacun d’entre nous espère secrètement atteindre un jour ou l’autre. Le street art offre décidément bien des façons de s’échapper du quotidien.