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Sécurité routière : collégiens et lycéens face à la justice

Par Ann Bouard
6 Octobre 2025

Vendredi dernier, dans le cadre de la Nuit du droit, une conférence-débat sur la délinquance routière s’est tenue au tribunal. L’événement, organisé par France Victime au profit du Conseil Départemental d’Accès au Droit (CDAD) de Guadeloupe, visait à sensibiliser tout particulièrement les jeunes à leurs responsabilités sur la route.

Afin de bien comprendre toute la problématique, le lieutenant-colonel Hugues Loyez, commandant de la gendarmerie, a posé le contexte : 37 accidents corporels ont été recensés sur la partie française de l’île en 2024, faisant 42 blessés et deux morts. En 2025, le bilan est déjà tout aussi lourd, avec deux décès et 37 blessés à déplorer. Les causes de ces accidents sont multiples : l’alcool est en cause dans un accident sur quatre, suivi par la consommation de stupéfiants (16 %), les dépassements dangereux (15 %), l’inattention (10 %) et la vitesse (10 %).
Les contrôles de la gendarmerie se sont particulièrement intensifiés depuis le début de l’année pour enrayer la spirale. Car si ces chiffres peuvent sembler faibles, rapportés à la population, ils sont alarmants : on a trois fois plus de risques de mourir sur les routes de Saint-Martin que sur celles de l’Hexagone.

Un message à mieux adapter

L’auditoire, composé dans sa majorité de collégiens et lycéens, a été accueilli par une mise en scène proposée par David et Laurence, de la troupe Les Têtes de l’Art. Cette saynète, illustrant des comportements fréquents chez les conducteurs de deux-roues, a permis d’entrer immédiatement dans le vif du sujet. 
Les jeunes ont ensuite découvert des notions comme les unités d’alcool, l’usage de l’éthylotest ou encore le temps de détection du cannabis dans l’organisme. Autant de points qui ont suscité leur intérêt et leurs questions. 

En revanche, les explications sur les risques encourus et les sanctions pénales - trop rapides, trop techniques - se sont révélées ardues et ont quelque peu perdu l’attention du public. D’autant que le discours était plus axé sur la répression que sur la prévention:  « mon rôle est de punir » a indiqué le parquet, rappelant certes l’importance de la loi, mais sans forcément aborder les leviers éducatifs permettant d’éviter d’en arriver là. 
La route n’est en effet pas un terrain de jeu, et la présence de gendarmes, de juges, de procureurs tout comme d’un addictologue ou de l’association de sécurité routière constitue une bonne opportunité pour faire passer les messages ; reste juste à les adapter au public pour qu’ils soient suivis d’effets.
La réalité, malheureusement, continue de donner raison à ces échanges. Dimanche matin, à la frontière de Bellevue, les gendarmes ont à nouveau empêché un rodéo sauvage, garantissant ainsi le libre accès de la route aux personnes qui, elles, respectent la loi. De nombreux véhicules ont été contrôlés et des infractions relevées.
Si la salle historique du tribunal affichait complet, on peut regretter qu’elle soit trop exiguë pour accueillir un public plus large, car la route en matière de respect de sécurité routière est encore longue.                             

 

Ann Bouard