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Petits carnavaliers, grands bénévoles

Par Sunita Mittal
3 Février 2026

Pour ce nouvel épisode des coulisses du carnaval‭, ‬rencontre cette semaine avec les troupes d’enfants‭ ! ‬Derrière l’éclat des paillettes et des costumes colorés se cache une belle histoire de passion et de dévouement‭. ‬

Dans les écoles, pas de budget alloué, ni d’aménagement d’horaires : enseignants et parents bénévoles donnent de leur temps libre pour faire vivre cette tradition. Nous avons rencontré la troupe de Laetitia Martins-Grancho du collège Victor Hugo de Concordia, et celle d’Abeni Artsen au collège La Roche Gravée de Moho, à Quartier d’Orléans. Elles font partie des 11 écoles qui défileront cette année. À quelques jours du grand rendez-vous du 8 février à Marigot, l’effervescence gagne déjà les rangs des jeunes carnavaliers.

Laetitia‭ : ‬Transmettre‭ ‬la passion

Animatrice en découverte de loisirs créatifs au collège Victor Hugo, Laetitia Martins-Grancho orchestre une nouvelle fois la participation de son établissement, entièrement sur son temps libre et de manière bénévole. «C’est difficile de tout mener de front, le vrai challenge c’est le temps. Et l’espace !» confie-t-elle. Cette année, le thème est ambitieux : les oiseaux du Brésil. 28 enfants volontaires participent à l’aventure, accompagnés par des parents bénévoles. Pour mener à bien ce projet d’envergure, Laetitia ouvre les portes de son domicile et organise des ateliers hors temps scolaire directement chez elle. Les costumes ? Tous faits main et entièrement financés par les parents d’élèves. «Le Carnaval, c’est ma passion. J’ai participé à celui de Venise pendant 14 ans, et j’ai vraiment envie de transmettre cette magie aux jeunes et au public», explique-t-elle. Une transmission qui prend forme dans chaque paillette cousue, chaque plume fixée et chaque sourire d’enfant émerveillé qui justifie toutes ces heures de travail.

Abeni‭ : ‬Raviver la flamme

Après six ans d’absence, le collège La Roche Gravée de Moho de Quartier d’Orléans fait son grand retour dans la parade. À la manœuvre, Abeni Artsen, vice-présidente du foyer socio-éducatif, qui résume le défi en une phrase: «Un grand retour avec un petit budget.» Qu’à cela ne tienne ! 25 élèves motivés, des bénévoles déterminés, quelques dons et une petite participation pour l’inscription des enfants ont suffi à redonner vie à la troupe. L’esprit d’entraide a fait le reste. Le thème retenu, «Sunshine City», rend hommage à Saint-Martin. Les costumes, confectionnés en matériaux recyclés, prennent la forme de soleils éclatants. La chorégraphie a même été créée par une maman d’élève, preuve que cette aventure est avant tout collective. «Il faut leur donner envie de participer au Carnaval, c’est une tradition et c’est notre rôle de les motiver», explique Abeni. «Cela dit, il n’en faut pas beaucoup car ils sont déjà très excités à l’idée de défiler !» Le foyer socio-éducatif bénéficie d’un coup de pouce de l’association des festivités carnavalesques de Saint-Martin : un bus pour le transport vers Marigot et un goûter pour les enfants. Mais Abeni lance un appel : «Nous espérons continuer dans cette voie et faisons appel aux dons et au bénévolat pour nous aider à pérenniser cette participation. Car sans ces coups de main, les troupes scolaires ne survivraient pas ».
Le 8 février prochain à Marigot, quand les troupes défileront dans leurs costumes, on saura que derrière chaque paillette se cache un morceau de passion, un bout de nuit blanche, un élan de générosité. Le Carnaval, c’est aussi cela: une fête qui se prépare toute l’année, dans le secret des appartements et des salles de classe, portée par des bénévoles qui font vivre la tradition pour le plus grand bonheur des enfants.

Sunita Mittal