Michel Vogel et Olivier Canale-Fatou : la reconnaissance de leur engagement
L’un a été promu chevalier de l’Ordre national du Mérite sur recommandation du ministère des Outre-mer, l’autre honoré par le ministère de la Justice. Deux hommes aux parcours différents, mais qui se rejoignent dans leur engagement pour une île chère à leur cœur.
Michel Vogel : structurer et faire rayonner le territoire
Cette distinction républicaine, l’insigne de l’Ordre national du Mérite, lui a été remise lors du petit-déjeuner de l’entrepreneur le 24 janvier dernier par le préfet de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy, au nom de l’État et du Président de la République, en reconnaissance de son engagement exemplaire au service du territoire depuis maintenant plus de trente ans.
L’occasion pour Cyrille Le Vély de revenir sur son parcours depuis son arrivée sur l’île en 1994. Un territoire pour lequel il a eu un véritable coup de foudre, percevant immédiatement son potentiel extraordinaire, lui donnant l’envie de s’y investir durablement. Cet engagement s’est traduit par l’accompagnement de nombreux acteurs locaux et une contribution active au rayonnement touristique de l’île.
« Professionnel reconnu dans le secteur financier, ce parcours ne suffirait pourtant pas à décrire l’homme. Car derrière cette réussite se cache un engagement profond et constant dans la vie institutionnelle et territoriale. Vous êtes avant tout un homme de convictions, animé par le sens de l’initiative, le goût du collectif et une vision durable du développement », a salué le préfet.
Homme d’action en effet, mais aussi de conviction, Michel Vogel est notamment à l’origine de la création de la Réserve naturelle de Saint-Martin. Il a également contribué à fédérer les offices de tourisme de la Caraïbe, tout en consacrant une part importante de son temps au soutien de projets pédagogiques, au développement des infrastructures scolaires et à des dispositifs d’accompagnement à la parentalité, s’impliquant toujours davantage dans la vie sociale et culturelle du territoire.
Ancien Président du Conseil de prud’hommes, fonction qu’il a occupée jusqu’à ce mois de janvier où il a tenu sa dernière audience, il demeure aujourd’hui président de la FIPCOM-MEDEF de Saint-Martin, qu’il continue de diriger avec la même ferveur pour défendre l’économie locale. Une distinction qu’il dit recevoir « comme un encouragement à poursuivre, dans l’unité, l’engagement au service de l’intérêt général ».
Olivier Canale-Fatou : le droit au service des victimes
C’est au tribunal qu’il arpente chaque semaine, qu’en toute logique Olivier Canale-Fatou a reçu sa distinction, la médaille de la Justice, échelon bronze, des mains de Michael Janas, premier président de la cour d’appel de Basse-Terre et en présence d’Éric Maurel, procureur général de Basse-Terre, pour son engagement exigeant aux côtés des victimes, dans la discrétion, l’écoute, l’action et la réparation.
« Quand la violence frappe, quand la peur isole, quand le droit semble parfois lointain, il existe un chemin pour trouver une protection », a rappelé Michael Janas. Un chemin qu’Olivier Fatou ouvre chaque jour à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy en tant que directeur de l’association France Victimes 978. Juriste de formation, Olivier Fatou n’a jamais envisagé le droit comme une simple théorie, mais comme un outil, une boussole. Il débute son parcours à la Garde républicaine, véritable école de rigueur, avant de servir comme officier de police judiciaire à Marseille, à Saint-Martin ou encore à Fleury-Mérogis, où il assure un commandement par intérim. Une expérience qui lui confère une connaissance approfondie des mécanismes de la violence.
Son itinéraire est marqué par une incursion dans le monde de l’éducation, en tant que professeur d’histoire-géographie. En 2017, il intègre le réseau France Victimes et sous son impulsion, la première Maison des femmes des Outre-mer voit le jour sur le territoire.
Décoré au nom du Garde des Sceaux pour l’ensemble de son engagement au service de la justice, Olivier Fatou souligne la portée collective de cette médaille. Elle s’adresse autant aux victimes qu’à toute l’équipe de France Victimes, mobilisée au quotidien auprès des enfants, des femmes et des personnes accompagnées, notamment dans le cadre des missions d’administrateur ad hoc, ainsi qu’aux gendarmes, partenaires essentiels de cette action.
Une distinction vécue à la fois comme une fierté et comme une responsabilité supplémentaire : celle de continuer à faire mieux, avec engagement, malgré les difficultés.