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Héloïse, le cirque dans la peau

Par Ann Bouard
21 Août 2025

Musicienne‭, ‬danseuse‭, ‬chorégraphe‭, ‬créatrice de costumes‭, ‬échassière‭, ‬et avant tout circassienne et‭  ‬fondatrice du Cirque Leucques‭, ‬Héloïse Delbart a créé l’événement cet été en initiant les enfants aux arts aériens au Fly Dance Studio SXM‭. ‬L’occasion de rencontrer ce petit bout de femme‭, ‬véritable concentré d’énergie et de passion‭.‬

Née à Lyon, dans une famille d’artistes, une mère chef de chœur et un père musicien, Héloïse a débuté la danse à six ans, la musique à sept et l’école du cirque à 17. Elle pratique la gymnastique, la GRS, le dessin, suit les cours de l’école de musique pendant 21 ans, se forme au théâtre de rue et très vite imagine ses premiers spectacles. Elle passe son BAFA et s’oriente vers le cirque, sa véritable passion. À 18 ans, elle donne ses premiers cours. En 2010, elle crée le cirque Leucques, sa compagnie, qui défend un art vivant et une vision du cirque, très libre et chorégraphié. 

Une artiste multifacettes

Pour faire connaître la culture alternative, elle crée des lieux artistiques dans des bâtiments désaffectés, comme un ancien fort militaire ou une ancienne usine textile, et se spécialise dans les arts aériens, en débutant par le tissu avant d’explorer la corde lisse et la danse verticale (sur les murs ! ). Elle danse aussi avec le feu, et ajoute à son arc de talents celui d’échassière. Inspirée par son compagnon maraîcher et la nature qui l’entoure, elle imagine aussi des chorégraphies dans les arbres.
Elle enseigne depuis vingt ans dans les écoles de cirque, mais aussi en milieu scolaire, auprès d’enfants en difficulté ou en décrochage, tout en continuant ses collaborations avec différentes compagnies.
Puis suivent les voyages, d’abord le Canada, puis la Floride avec un projet de bateau spectacle. Mais Monsieur Trump en décide autrement et sans visa, c’est le départ obligé vers de nouvelles contrées. Ils visent la Guadeloupe, mais la première île française qu’ils croisent est Saint-Martin.
C’est ainsi qu’elle débarque sur l’île au début de l’été. Sur place, l’urgence est de trouver un lieu où s’entraîner, car les arts du cirque sont des disciplines qui demandent un entretien du corps constant. Pour Héloïse, ce sont 4 h à 5 h par jour, et ce quatre fois par semaine pour travailler sur toutes les disciplines. Une semaine après avoir posé le pied à terre, elle découvre l’école de Pôle danse et des arts aériens d’Alyona.
Entre elles, l’entente est immédiate et de nouveaux horizons s’ouvrent.

Une collaboration avec FLY DANCE SXM

Ce qui motive vraiment Héloïse est le partage, et notamment avec les enfants, les siens, mais ceux des autres aussi. Elle veut rendre le cirque accessible, leur mettre des paillettes dans les yeux et surtout leur transmettre ce bonheur de bouger avec son corps, leur faire découvrir l’univers et les valeurs du cirque, la confiance et l’acceptation de soi et des autres, le travail d’écoute et en équipe. Ainsi est née l’idée d’un stage pour les plus jeunes, qui mêle acrobaties au sol, jonglage, équilibre, et arts aériens.
Après une première session en début de mois, un second stage est proposé du 25 au 29 août pour les enfants de 6 à 12 ans. Et si une fois encore les planètes s’alignent, elle poursuivra avec des cours d’une heure tout au long de l’année avec plusieurs niveaux selon les âges des enfants.
Les adultes peuvent eux s’initier au yoga aérien, en douceur, pour travailler sur la concentration, la respiration, le relâchement et le renforcement musculaire, l’équilibre et le lâcher-prise pour oublier le stress de la vie… une méthode qu’elle a mise au point pour aider les personnes fragiles, celles qui ont des problèmes de trapèzes ou même de sciatique, pour rééquilibrer le corps en douceur (cours d’une heure le mardi à 9h et à 16h20 et le samedi à 12h20).
Héloïse n’en oublie pas pour autant son projet de bateau spectacle. Cela fait déjà quatre ans qu’elle y travaille, mais il reste encore des choses à peaufiner, la recherche chorégraphique, artistique, le  décor… car la création, dans la tête d’Héloïse, ne s’arrête jamais. C’est un peu son secret, mais c’est dit ! On ne peut qu’espérer que ce beau projet voie le jour ici.

Ann Bouard