Dans les coulisses du Carnaval : Deux associations, une passion
Ces dernières semaines, les parades des tambours ont enflammé Grand-Case et Marigot. Dans notre série consacrée aux coulisses du carnaval, focus sur deux associations qui portent haut cette tradition. SXM Mas et Sonic Jump Band, toutes deux nées en 2025, partagent la même passion des défilés, mais avec des approches différentes. Derrière les costumes et le rythme envoûtant des tambours, découverte d’un travail aussi intense que passionné.
Derrière chaque défilé se cachent des heures de préparation et de logistique. En 2025, deux nouvelles associations ont rejoint le paysage carnavalesque de l’île : Sxm Mas, portée par Ketran Pau, un lycéen de tout juste 16 ans, et Sonic Jump Band, animée par Bertin Smith-Marcellus. Deux univers qui se font écho. Ketran rassemble quarante membres – fouettards, musiciens, défilants – tout en gérant ses cours de première. « J’ai grandi en Guadeloupe et le carnaval, c’était mon moment préféré de l’année. En arrivant à Saint-Martin, j’ai réalisé qu’il n’y avait pas beaucoup de groupes Mas et ça m’a manqué », raconte celui qui a décidé de ne pas attendre pour créer un mouvement. De son côté, Bertin fédère trente-deux membres autour d’une même conviction : « Le carnaval, c’est dans nos veines, on a grandi avec et ça n’est pas fini. » Sonic Jump Band s’illustre notamment avec la parade des tambours et les mardis de Grand-Case, en misant sur l’authenticité des matières locales pour la confection de ses costumes.
Un quotidien rythmé par les répétitions et la logistique
Les coulisses révèlent une réalité exigeante. Ketran doit tout mener de front : « Entre les cours et l’organisation de Sxm Mas, c’est parfois difficile de tout gérer. Il faut coordonner les répétitions, gérer la logistique. Heureusement, je suis soutenu et aidé par ma famille. » À 16 ans, piloter quarante personnes et synchroniser caisses claires, chachas, steel bands et tambours relève du défi. Pour l’instant, Sxm Mas survit grâce aux prestations privées et à l’engagement bénévole de ses membres. Une subvention pourrait changer la donne dans les années à venir. Bertin connaît lui aussi la même réalité : « C’est un gros investissement personnel en termes de temps et d’argent. » Avec ses trente-deux membres, Sonic Jump Band exige une organisation stricte. Malgré la subvention de la collectivité, l’association dépend largement des dons et des prestations commandées par des entreprises ou des particuliers. Réparer un instrument à la dernière minute, assurer le transport, motiver les troupes : le carnaval ne s’improvise pas.
La transmission comme moteur et récompense
Pourtant, tous ces efforts trouvent leur sens dans un sentiment partagé. « Ça donne des forces de défiler, je me sens fier. Ça me fait sortir de ma coquille », confie Bertin. Ketran porte la même fierté et aspire à transmettre cette passion à tous. C’est justement cette transmission qui unit les deux associations. Sonic Jump Band tout comme Sxm Mas tissent un lien intergénérationnel précieux en réunissant enfants, adultes et aînés autour du patrimoine local. « Via nos défilés, j’aimerais partager notre culture de partout », résume Bertin. Sxm Mas symbolise quant à elle une relève audacieuse : la preuve qu’à 16 ans, on peut déjà porter un projet d’envergure.
Dans l’ombre des parades, loin des applaudissements, Sxm Mas et Sonic Jump Band sculptent discrètement l’avenir culturel de l’île. Qu’importe le travail que cela demande : c’est la même passion qui les fait vibrer... au son des tambours.