VIE LOCALE

Centres hospitaliers des Iles du Nord : Un plan de retour à l’équilibre  financier sur trois ans

Centres hospitaliers des Iles du Nord : Un plan de retour à l’équilibre financier sur trois ans

01 octobre 2019
Souffrants de déficits récurrents, les centre hospitaliers de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy, interdépendants, ont été placés sous administration provisoire en avril dernier. Valérie Denux, directrice générale de l'Age,ce Régionale de Sante (ARS) de Guadeloupe, était à Saint-Martin vendredi dernier pour faire un point d'étape de la situation, six mois après cette prise de décision. La feuille de route qui devra être mise en place prévoit un retour à l’équilibre financier dans les 3 années à venir.

Les Centres hospitaliers des Iles du Nord, Louis-Constant Fleming pour Saint-Martin et Irénée De Bruyn pour Saint-Barthélemy, souffrent de déficits structurels récurrents depuis 2012, de près de 6 millions d’euros. Des finances malsaines et inquiétantes qui ont conduit l’ARS et sa directrice générale de Guadeloupe, Valérie Denux, à placer les deux établissements sous administration provisoire, dès le mois d’avril dernier. Pascal Rio, directeur d’hôpitaux de Marseille et d’Aix en Provence, et Juliette Napol, directrice générale du Centre hospitalier Maurice Despinoy (Martinique), tous deux coutumiers de ce type de mission, sont arrivés sur le territoire avec pour objectif d’établir en premier lieu un diagnostic de l’existant puis d’élaborer une feuille de route qui devra être appliquée et suivie par la nouvelle équipe dirigeante qui devrait prendre les commandes dès le début de l’année prochaine.
Absence de stratégie d’établissements
Vendredi dernier, Valérie Denux, entourée de Pascal Rio, de Charles Van Geenderhuysen, président de la Commission Médicale d’Etablissement (CME), rendait un premier bilan des travaux menés, pour un point d’étape à 6 mois de cette gouvernance provisoire. Il s’avère qu’aucune stratégie globale n’existe réellement entre ces deux établissements, mais aussi avec le CHU de Pointe-à-Pitre qui fait partie du maillon de la chaîne pour des pathologie graves ne pouvant être prises en charge par les établissements des Iles du Nord. Pour Pascal Rio et Juliette Napol, il est impératif d’intégrer une stratégie d’établissements, et de définir précisément les fonctionnements des uns et des autres dans cette interdépendance. « La problématique financière découle de cette absence de stratégie dans la gestion économique et financière, mais également d’une vision sur le très court terme, d’une gestion au quotidien », explique Pascal Rio. « Chaque service doit travailler sur une meilleure efficience et le management des équipes doit être amélioré », continue-t-il. Pour le Dr Van Geenderhuysen, « Dans l’intérêt de tous et en particulier des patients, il faut non plus travailler en termes de services, mais selon une approche transversale des filières médicales : orienter globalement les patients selon la pathologie qu’ils présentent ». Le président du CME prône également le développement du travail partenarial avec les autres structures de l’île, l’EHPAD ou les associations.
Recouvrer correctement les factures établies pour les actes médicaux
Blocs opératoire, filières mères-enfants, santé mentale, télémédecine… tous les postes sont étudiés au peigne fin, tant dans le management des équipes que dans l’offre de soins, et des préconisations sont relevées, avec pour objectif premier d’optimiser les services de soins proposés, tout en les rendant rentables. Car le nerf de la guerre est bien là aussi : arriver à recouvrer le règlement de chacun des actes médicaux pratiqués. La direction provisoire et le CME envisagent la mise en place d’un système de codage efficient pour chaque acte médical, en fonction des patients. En clair, tout comme pour toute gestion saine, il faut équilibrer les charges et les recettes des centres hospitaliers et lancer de nouvelles pistes. De surcroît, avec un retour à l’équilibre financier ce sont de nouvelles perspectives d’investissements et donc de nouvelles offres de soin qui pourront être proposées.
En quête de la certification de qualité de la Haute Autorité de Santé
Avec une équipe de direction qui sera au complet dès le début 2020 et le suivi strict de cette nouvelle feuille de route vertueuse, le président du CME espère que les hôpitaux de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy retiendront toute l’attention de la Haute Autorité de Santé (AHS) pour se voir délivrer la certification délivrée pour les critères de qualité. 

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