TOURISME

Des turbulences chez Air Caraïbes

Des turbulences chez Air Caraïbes

02 juin 2020
Des annulations de vols sans en prévenir les passagers, des modifications de dernière minute, l'opérateur injoignable... Face à la mouvance quasi-quotidienne des mesures et des directives prises pendant cette crise sanitaire et sa phase de déconfinement, Air Caraïbes semble traverser des trous d’air, faisant monter la colère de sa clientèle.
 
Quatorzaine ? Pas quatorzaine ?
 
Certes, les directives qui peuvent changer d’un jour sur l’autre, compliquent la reprise des activités pour tous, et les compagnies aériennes n’échappent pas à la règle. En effet, après la période de confinement interdisant tous vols commerciaux, à l’exception des déplacements pour motifs impérieux, la quatorzaine dans les Antilles avait finalement été levée par les préfets de Guadeloupe et de Martinique, permettant la reprise des vols commerciaux entre ces îles, toujours pour motifs impérieux, dès le lundi 25 mai. Or, dès le lendemain, mardi 26 mai, suite à l’augmentation du nombre de cas importés, la préfecture de Guadeloupe publiait un arrêté remettant à l’ordre du jour la quatorzaine pour toute personne entrant sur le territoire guadeloupéen par voie aérienne. Ce qui semblerait d'ailleurs pas scrupuleusement respecté...

Vente de billets pour des vols fantômes…
 
Pour autant, à la suite du premier arrêté préfectoral levant la quatorzaine à compter du lundi 25 mai, Air Caraïbes annonçait de son côté la reprise de ses vols régionaux pour ce même jour. Trois vols par semaine étaient annoncés, les lundis, mercredis et vendredis, pour des déplacements toujours contraints par la justification de raisons impérieuses. Les aéroports étant fermés les week-ends, les vols ne pouvaient donc être programmés pour les samedis et les dimanches.
Toutefois, nous avons été informés par des lecteurs que des réservations ont pu être faites en ligne sur le site internet Air Caraïbes, pour un vol départ Saint-Martin vers la Guadeloupe le 27 mai, avec un retour le dimanche 31 mai. Alors que le départ s’est passé sans encombre, et sans qu’une quartorzaine n’ait été imposée, cela n’a pas été la même histoire pour le retour le dimanche 31 mai… En effet, nos infortunés lecteurs et clients de Air Caraïbes, ce sont rendus à l’aéroport Pôle Caraïbes de Pointe-à-Pitre, dimanche pour leur retour vers Saint-Martin. Mais, sans qu'aucune information n’ait été diffusée à leur endroit, ni même sur le site internet de la compagnie aérienne, aucun vol n’était programmé par la compagnie antillaise pour cette journée de dimanche. Sur les réseaux sociaux, nous avons pu constater également la présence de nombreux commentaires faisant état de mécontentements à l’égard de la compagnie aérienne, d’autant que les opérateurs restent injoignables par téléphone. De notre côté, c’est également en vain que nous avons tenté de joindre hier, lundi, l’opérateur pour entendre leurs explications….
 
Une continuité territoriale fortement mise à mal
 
Est-ce que le décret pris ce dimanche 31 mai par le gouvernement, prescrivant les nouvelles mesures du plan déconfinement à compter de ce mardi 2 juin serait aussi la cause de ces perturbations? Car pourtant retoquée par les « Sages » du Conseil constitutionnel, la quatorzaine reste bien de mise pour les déplacements depuis les Outre-mer. En effet, dans ce décret sont toujours proscrits les déplacements au départ de l’Hexagone vers les Outre-mer ainsi que vers la Corse et au départ de ces territoires vers l’Hexagone. De même, sont toujours interdits les déplacements, sauf pour motifs impérieux, entre ces collectivités. Des interdictions sans que ne soit précisée de date de reprise. Les autorités locales d’Etat peuvent néanmoins modifier la liste de ces motifs impérieux pour ces déplacements.
Quoi qu’il en soit, s’il est difficile de s’adapter au fil de l’eau des évolutions des décisions, la compagnie Air Caraïbes a vendu des billets pour un dimanche, alors que les aéroports étaient censés être fermés… Et le devoir de la compagnie aérienne lui impose a minima d’informer sa clientèle de tout changement survenu, même impromptu. Car une annulation de vol de dernière minute entraîne une cascade de conséquences : nuitées d’hôtel et journées de location de véhicule supplémentaires, sans compter l’impossibilité de joindre l’opérateur pour reprendre un prochain vol… 
 

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