Le sport au féminin : Chardaé Richardson L’espoir de l’athlétisme saint-martinois
Dans le cadre de sa série de portraits consacrée aux sportives de Saint-Martin, réalisée à l’occasion des actions en faveur du développement du sport féminin menées par le Comité Territorial Olympique de Saint-Barthélemy et Saint-Martin (CTOS SBSM), nous sommes allés à la rencontre de Chardaé Richardson. Cette jeune athlète a fait de l’athlétisme bien plus qu’une passion : un véritable mode de vie.
A seulement 15 ans, Chardaé Richardson a déjà trouvé sa voie. Depuis qu’elle a découvert l’athlétisme à l’âge de 6 ans, aux côtés de son père, elle ne s’est jamais imaginée pratiquer un autre sport. Une passion qui est aussi une affaire de famille : son père est entraîneur et sa grande sœur, aujourd’hui étudiante et athlète aux États-Unis, est celle qui lui a donné envie de s’élancer sur la piste.
Si le saut en longueur est son épreuve préférée, c’est sur le 1 000 mètres que la jeune Saint-Martinoise s’est le plus illustrée jusqu’à présent. Dernières preuves en date, sa deuxième place aux Championnats de Guadeloupe minimes, le 21 juin dernier, à une seconde de Kenya Sharpless de l’Avenir Sportif Club de Saint-Martin. Le même jour, elle a également remporté la finale de sa série sur le 120 mètres (16’’48), une performance d’autant plus remarquable qu’elle était en pleine période d’examens. Pendant plusieurs semaines, elle se levait chaque matin à 4 heures pour réviser avant de partir s’entraîner.
Une organisation millimétrée
Pour réussir à concilier sa scolarité en partie hollandaise et ses ambitions sportives, Chardaé ne laisse rien au hasard. Son meilleur allié est un emploi du temps où tout est planifié à la minute près. Une organisation indispensable pour suivre cinq entraînements par semaine, répartis sur des cycles de cinq semaines d’intensité variable, suivis d’une semaine de récupération. Ses séances sur le stade Albéric Richards à Sandy Ground alternent sprints courts, demi-fond, sprints longs, musculation et travail technique. Avant une compétition, elle s’astreint à dormir plus, à boire beaucoup d’eau et surtout elle se prépare mentalement en visualisant ce qu’elle va faire lors de l’épreuve. Pour elle, la principale qualité d’un sportif est la discipline. Une valeur que l’athlétisme lui a transmise et qu’elle applique aussi bien sur la piste que dans sa vie quotidienne.
Un potentiel qui fait l’unanimité
Chardaé bénéficie d’un encadrement privilégié. En plus de son père, elle est suivie par Calvin Bryan, l’emblématique entraîneur de Speedy Plus qui, à 82 ans, continue de transmettre sa passion. Pour lui, la jeune athlète possède le potentiel pour atteindre le plus haut niveau, notamment sur le 400 mètres et le 800 mètres, où sa vitesse et ses qualités de demi-fondeuse pourraient faire la différence.
L’année prochaine, elle évoluera dans la catégorie cadette avec des objectifs bien précis : battre ses records personnels, réaliser son meilleur saut en longueur et poursuivre sa progression. Son modèle n’est autre que l’Américaine Sydney McLaughlin, dont elle admire le parcours.
Pour Chardaé, être une fille dans l’athlétisme n’a jamais été un obstacle. Son message est d’ailleurs sans détour : « Si vous aimez vraiment le sport, lancez-vous et n’abandonnez jamais. »
Chardaé Richardson impressionne autant par son talent que par sa maturité. Une jeune athlète disciplinée, déterminée et déjà tournée vers l’avenir, qui pourrait bien porter haut les couleurs de Saint-Martin dans les années à venir.