La FFBS accompagne l’essor du baseball sur le territoire
Largement pratiqué sur le territoire, le baseball fait son entrée au CEES. Une intégration qui marque une nouvelle étape dans la structuration de la discipline à Saint-Martin et qui a motivé la venue de Didier Seminet, président de la Fédération française de baseball et softball (FFBS). Habitué du territoire, qu’il considère comme une véritable terre de talents, il est venu accompagner la mise en place du dispositif et préciser les ambitions de la fédération pour l’île.
Créé il y a plus de 150 ans, le baseball est aujourd’hui pratiqué dans le monde entier. Le CIO a retenu le baseball pour les hommes et le softball pour les femmes, deux disciplines qui se distinguent par quelques particularités au niveau des règles. En France, la FFBS compte environ 14 000 licenciés. À Saint-Martin, ils sont actuellement une cinquantaine, mais le potentiel est estimé à près de 400 pratiquants.
Président de la Fédération depuis 15 ans, Didier Seminet vient régulièrement sur le territoire pour repérer de jeunes joueurs et nourrit depuis un certain temps le souhait de créer une académie. L’intégration du baseball au CEES est une aubaine qui accélère les choses et va permettre de mieux structurer la discipline.
Six collégiens intègrent le dispositif
C’est une approche nouvelle pour le CEES et d’autant plus intéressante que la convention a la particularité d’être signée directement avec la FFBS et non avec une ligue ou un comité départemental. La fédération sera donc garante du bon fonctionnement et impliquée dans la formation des cadres, la mise à disposition d’entraîneurs diplômés et le suivi du dispositif. Une organisation qui pose le cadre et qui correspond également au fonctionnement revendiqué par Didier Seminet : « Nous sommes une petite fédération très flexible. Nous fonctionnons un peu comme une start-up : nous pouvons faire plein d’essais et ce n’est pas grave si on se trompe. »
Pour cette première année, six collégiens, de la 6e à la 3e, intègrent la section baseball du CEES. Ils bénéficieront de 32 h d’entraînement par mois avec Adonis, titulaire d’un CQP, ainsi que de l’accompagnement d’un référent technique.
Les entraînements se dérouleront pour l’instant au stade de Sandy Ground, à proximité duquel a été installé un tunnel de frappe. La construction d’un véritable terrain de baseball est en réflexion sur un terrain privé à Bellevue. En attendant, les détections et les matchs continueront à se dérouler en partie néerlandaise, qui dispose d’un terrain répondant aux normes internationales.
Cette coopération avec le côté néerlandais est d’autant plus importante que plusieurs jeunes filles françaises y pratiquent actuellement le softball. Des partenariats sont en cours de construction afin que les structures concernées puissent être identifiées et conventionnées. Ces joueuses pourraient à leur tour intégrer le CEES à partir de la rentrée 2027.
Sur le territoire, deux clubs sont aujourd’hui affiliés à la FFBS. Agnès de Polo, référente de la fédération à Saint-Martin, travaille au développement de nouvelles structures avec, à terme, l’objectif de constituer une ligue locale.
Un sport, deux options
Ce qui est fait ici avec le CEES, c’est un peu comme un pôle Espoirs. Pour les jeunes qui intégreront ce nouveau parcours, deux possibilités s’offriront ensuite à eux. À la fin de la 3e, ceux qui auront le niveau pourront continuer leurs études et rejoindre les centres de formation de Rouen, Bordeaux ou Montpellier, ou encore le Pôle France à Toulouse.
L’autre option est en cours de finalisation. La FFBS développe des conventions avec des académies en République dominicaine afin d’y accueillir des jeunes Saint-Martinois, mais aussi des joueurs venus de l’Hexagone, pour les confronter à une préparation de haut niveau en vue de devenir professionnels. Ils suivront ainsi peut-être la voie de la quinzaine de jeunes Saint-Martinois qui ont, depuis 15 ans, intégré les équipes nationales et participé à des championnats d’Europe ou du monde, comme Félix Brown qui, aujourd’hui, joue le rôle d’ambassadeur et a vocation à faire le lien intergénérationnel entre les enfants d’ici et l’Hexagone.
« L’excellence ne doit pas être entendue uniquement comme la performance. Le sport a autre chose à offrir. Les talents, c’est bien, mais derrière il faut apprendre à travailler. » La philosophie de la FFBS rejoint celle du CEES : accompagner des jeunes dans une structure de performance tout en utilisant le sport comme un outil d’inclusion, de formation et de construction personnelle.
Didier Seminet en est lui-même convaincu depuis l’enfance. En 1974, alors qu’il joue au football dans la cour de récréation, deux camarades arrivent avec un gant de baseball. « Je l’ai mis et, tout d’un coup, quelque chose a changé. Je me suis senti appartenir à quelque chose. Je reste convaincu que le sport peut changer la vie. »