SOCIETE

De gauche à droite, Frédéric Mortier et Philippe Gustin, délégués  interministériels pour la reconstruction.
De gauche à droite, Frédéric Mortier et Philippe Gustin, délégués interministériels pour la reconstruction.

Urbanisme : Un plan de prévention des risques naturels dans les tuyaux

06 octobre 2017

La catastrophe Irma va faire changer la donne en matière d’aménagement du territoire, d’urbanisme et de développement durable à Saint-Martin. La COM qui a la compétence de l’urbanisme va devoir se caler sur les recommandations de l’Etat en matière d’environnement et de développement durable. Et en premier chef sur la loi du Littoral. 

L’ouragan Irma a pointé du doigt les défaillances en termes d’urbanisme  qui ont eu cours depuis des décennies à Saint-Martin. Force du vent à 350 km/h, submersion par la mer et inondations, ont été les trois effets dévastateurs de l’ouragan. Si la Collectivité a la compétence de l’urbanisme, par la délivrance des documents (permis de construire…) l’environnement et la protection des populations sont en revanche des compétences qui reviennent à l’Etat. Le Préfet délégué interministériel Philippe Gustin informait qu’ « une carte des aléas était en cours d’élaboration, intégrant les nouveaux risques climatiques, notamment un accroissement de la force des vents dans les épisodes cycloniques. Une cartographie des risques qui devrait être plus réductrice en termes de foncier utilisable et constructible ».
 
La zone des cinquante pas géométriques dans le collimateur

« Et dans les plans de reconstruction, la zone des cinquante pas géométriques qui a pour grande partie été dévastée par le passage d’Irma, devrait à l’avenir être vierge de constructions habitables, sauf dispositions diverses, notamment à l’endroit des activités touristiques ou hôtelières qui auraient des dérogations, mais avec l’obligation d’être démontables (pour les activités nautiques) et surélevées (pour les hôtels), afin d’éviter les dangers des submersions », indiquait le Préfet délégué. Des décisions qui, si elles sont validées et adoptées, devraient représenter un véritable casse-tête pour les pouvoirs locaux mais aussi pour les propriétaires qui ont régulièrement construit sur cette zone…
Quant aux risques sismiques, c’est toute l’île qui est concernée. Les normes de construction devront tenir compte de ce risque. Philippe Gustin, assisté de Frédéric Mortier, devra rendre un rapport au Président de la République d’ici à la fin du mois d’octobre, sur les préconisations en matière d’urbanisme. Des préconisations qui devront ensuite être appliquées par la Collectivité dans la délivrance des documents urbanistiques. «

Nous sommes dans la culture du risque.

Et le risque zéro n’existe pas. La population locale doit en avoir conscience ». Pour les représentants de l’Etat, Saint-Martin pourrait,  « suite à Irma, et si les volontés sont là,  devenir un modèle de développement durable dans un monde concurrentiel touristique ». Un dossier lourd, très lourd de conséquences pour l’île où des quartiers entiers, notamment celui de Sandy Ground, mais aussi ceux de la Baie Orientale, de Cul de Sac ou encore de Grand Case ont été construits dans la zone des cinquante pas géométriques, ou dans des zones inondables… 

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