SOCIETE

Mercredi matin, les grévistes entamaient une marche dans les rues de Marigot, aux rythmes de la chanson emblème du collectif guadeloupéen LKP, Saint-Martin sé tan nou...
Mercredi matin, les grévistes entamaient une marche dans les rues de Marigot, aux rythmes de la chanson emblème du collectif guadeloupéen LKP, Saint-Martin sé tan nou...

CTOS : une ouverture vers la fin du conflit ?

07 février 2019
Alors que les agents de la CTOS en grève entamaient mercredi leur deuxième semaine de grève, une rencontre était organisée hier matin en préfecture en présence de la préfète Sylvie Feucher, du président Gibbs et d’une délégation syndicale UTC-UGTG. Une ouverture dans les négociations semblait en vue à l’issue de cette rencontre.

Depuis  dix jours que le conflit dure, hier matin une embellie dans les négociations semblaient poindre à l’horizon. En effet, englués dans un bras de fer avec la Collectivité, les agents grévistes n’avaient jusque-là pas obtenu satisfaction concernant le premier point de leurs revendications, à savoir, la remise par la Collectivité des arrêtés de nomination d’une vingtaine d’agents qui ont vu leur contrat de travail arrivé à terme au 30 novembre dernier. Et alors que ni la Collectivité ni les syndicats  ne semblaient vouloir plier, la préfète Sylvie Feucher proposait mardi matin une rencontre de médiation. Une première tentative échouée et finalement aboutie hier matin, où les grévistes ont été reçus à leur demande en préfecture par la préfète Feucher, en présence du président Gibbs. 
Après deux heures de discussion, les grévistes sont ressortis « relativement satisfaits » des propos tenus par la Préfète et nous indiquaient « entamer dès ce vendredi matin de nouvelles négociations avec le Président Gibbs sur de nouvelles bases, à savoir une analyse poussée et au cas par cas de la situation de chacun des agents concernés ». La secrétaire de la section Saint-Martin UTC-UGTG, Nicole Javois, précisait que la préfète aurait « reconnu la présence de ce protocole d’accord signé en juillet dernier dont il faut tenir compte ». Nous n’avons pas été en mesure de recueillir les impressions de la préfète au sortir de cette rencontre. 
Les agents grévistes étaient descendus dans la rue mercredi matin, conduits par des dirigeants du syndicat guadeloupéen et bloquaient la circulation dans Marigot en faisant une marche dans la rue de Hollande, au rythme de la chanson fétiche du collectif LKF (Liyannaj Kont Pwotiasyon, « collectif contre l’exploitation outrancière »). 

LA COM PRISE ENTRE LE MARTEAU ET L’ENCLUME

De son côté, le président Daniel Gibbs faisait mercredi un point de situation : « A la demande des syndicats, je me suis engagé à fournir des documents administratifs officiels demandés dans le cadre de la grève. J’ai remis une partie de ces documents en mains propres aux membres du bureau syndical, jeudi 31 janvier. La Direction des Ressources Humaines de la Collectivité et celle de la CTOS travaillent actuellement à réunir les autres pièces demandées dans la mesure de ce qu’il est possible pour la collectivité de rassembler et de délivrer (...) ». S’agissant du principal point d’achoppement avec le syndicat UTC-UGTG  « la communication des arrêtés liés à la nomination des agents contractuels sans contrat, issus du protocole d’accord du 12 juillet 20118 », le président rappelle « qu’ il s’agit en réalité d’une demande d’intégration fonctionnelle de 16 personnes dont la fin d’activité a été actée par la CTOS, au 30 novembre 2018 ». Concédant toutefois la signature du protocole d’accord en juillet 2018 prévoyant la nomination de ces 16 agents, le Président Gibbs affirme être pourtant dans l’obligation de suivre les recommandations énumérées dans le dernier rapport de la Chambre territoriale des Comptes (CTC) afin de rétablir l’équilibre financier de la CTOS : « la Préfecture avait saisi la Chambre territoriale des comptes (CTC), le 4 mai 2018, afin de dénoncer « l’insincérité » des comptes de la CTOS. Le rapport de la CTC, remis cet automne, a été révélateur des difficultés financières structurelles de cet établissement public, aggravées de surcroît par les effets du cyclone. Début 2019, la situation budgétaire demeure tendue, faute de rentrées fiscales suffisantes, et malgré notre volonté, les finances de la collectivité comme celles de la CTOS ne nous permettent pas, à ce jour, d’embaucher des personnels de catégorie C. Les préconisations de la Chambre territoriale des comptes sont très claires. Il est demandé à la CTOS de faire un point sur ses effectifs, de les stabiliser et de les redéployer sur des missions complémentaires. L’enjeu est donc crucial, puisqu’il s’agit de pérenniser et sécuriser l’accueil des élèves dans le temps périscolaire et d’organiser les différents métiers de la CTOS afin de garantir un meilleur fonctionnement de l’outil et un service public amélioré. Je tiens à préciser que dès le début du mois de décembre, la Collectivité a travaillé en partenariat étroit avec Pôle Emploi pour que les personnes non renouvelées puissent être accompagnées dans leur recherche d’emploi ou de formation, à condition qu’elles fassent la démarche de s’inscrire au Pôle Emploi ». 

DES TECHNIQUES OFFENSIVES

En marge du mouvement, les accès dans les écoles publiques de l’île se sont trouvés tour à tour bloqués depuis le début du mouvement, par des actes venant entraver les ouvertures : colle dans les serrures, chaines et cadenas aux grilles. Après les écoles Siméonne Trott (Concordia), Elie Gibs et Ghislaine Rogers (Grand Case), c’était mercredi au tour des écoles Jérôme Beaupère et Aline Hanson d’être bloquées. Les forces de l’ordre ont du intervenir pour permettre l’accès aux enfants et aux enseignants dans les écoles. 

MISE EN PLACE D’UN SERVICE MINIMUM

En raison de ce mouvement de grève, le service de nettoyage des salles de classes et des toilettes n’est plus assuré depuis dix jours. La Collectivité informait mercredi soir avoir mis en place un service minimum qui est assuré par des entreprises et des associations en appui aux agents non-grévistes. De même, un service minimum est en cours d’organisation pour la prise en charge des élèves pendant la pause méridienne. 
Si une étape semble être passée dans le dialogue et les négociations, Nicole Javois nous informait cependant que « le mouvement continuerait tant que les arrêtés de nomination des 16 agents ne seraient pas mis sur la table ».

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