SOCIETE

Les grévistes  ont empêché tout passage des barrages par les véhicules.
Les grévistes ont empêché tout passage des barrages par les véhicules.

les grévistes déterminés à obtenir des avancées

11 avril 2019
La grève générale et illimitée annoncée depuis la semaine dernière a pris son départ hier par une marche depuis le front de mer de Marigot. Les forces de l’ordre ayant formé un barrage empêchant le cortège d'emprunter la route de Morne Valois en direction de Grand Case, les manifestants ont décidé de faire un piquet de grève sur le rond-point, empêchant alors toute circulation sur la RN7, dans un sens comme dans l’autre. Une situation de blocage qui a duré toute la matinée jusqu’en début d’après-midi.

 

Dès les premières heures de la matinée d’hier, les grévistes tentaient de placer des barrages par l’amoncellement de grosses pierres, de palettes et autres containers à poubelle sur différentes routes de Marigot, à Saint-James, à Bellevue, sur le front de mer… Les gendarmes qui avaient pour ordre de ne pas laisser entraver la circulation sur les routes, ont fait la chasse à ces barrages et les ont chaque fois retirés. Une interpellation un peu musclée d’un homme a d’ailleurs eu lieu à Saint-James, et après contrôle, le véhicule de ce dernier qui était utilisé pour placer les barrages a été confisqué, son propriétaire n’étant pas en mesure de présenter le certificat d’assurance. Contrairement à toute attente, la circulation a donc été totalement fluide sur les routes de la partie française entre 7 heures et 9 heures du matin. Anticipant les risque de blocages des axes routiers, par précaution, les travaux qui ont cours depuis plusieurs semaines rue de Hollande avaient d'ailleurs été stoppés, rendant libre la circulation dans le sens Agrément/Centre-ville. 

EN ATTENTE DE RÉPONSES FACE À L’INJUSTICE SOCIALE

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Puis, rassemblés autour de plusieurs syndicats, UTC-UGTG, Soualiga United Collectif, SPEG, FSU et Sud PTT GWA, environ une petite centaine de manifestants (selon les chiffres de la Police) ont entamé vers 8h30 une marche depuis le front de mer du centre-ville vers le rond-point d’Agrément. Bloqués à cet endroit par les gendarmes, les manifestants n’ont pas pu continuer leur marche. 
La tension entre forces de l’ordre et manifestants a alors été palpable à plusieurs reprises, notamment quand des conducteurs de véhicules excédés, tentaient de franchir les barrages. Regroupés au pied de la « Lady Liberty » au cœur du rond-point, si chacun des représentants syndicaux a clamé ses revendications qui lui sont propres, tous ont scandé d’une seule voix le sentiment d’injustice qui monte en puissance depuis septembre 2017 : « Depuis Irma, l’Etat et la Collectivité imposent une réorganisation de Saint-Martin sans tenir compte des réalités culturelles, historiques et socio-économiques du territoire. Il y a des permis de construire qui sont attribués à certains et pas à d’autres… et ce sont toujours les mêmes, ceux « d’en bas » qui sont défavorisés », scandait Lenny Mussington du Soualiga United Collectif. Et tous ensemble appellent à s’unir pour défendre les droits et l’intégrité des saint-martinois. L’éducation, la scolarité des enfants et la santé, notamment les conditions d’accueil de l’EHPAD à Betany Home, représentent aussi de gros points noirs pour lesquels les manifestants veulent obtenir des avancées concrètes. Tous demandent à réunir autour de la table l’ensemble des institutions pour obtenir des réponses fermes. 

DÉBLOCAGE DU ROND-POINT CONTRE RENCONTRE AVEC LA PRÉFÈTE

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En contrepartie du déblocage du rond-point, les manifestants demandaient à être reçus par la préfète déléguée. Vers midi, la préfète adressait un mail au Colonel Manzoni, proposant une réunion d’échanges dans l’après-midi, à 16 heures, avec une délégation de 10 personnes et en présence du président Gibbs. 
C’est peu avant 14 heures que le rond-point d’Agrément a été débloqué, rendant libres les usagers de la route de l’emprunter à nouveau. Avant de quitter les lieux, les représentants syndicaux annonçaient haut et fort que « cette première journée de grève n’était que le commencement de ce nouveau conflit social ». 

UNE DÉLÉGATION DE 13 PERSONNES REÇUE EN PRÉFECTURE

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Hier en fin d'après-midi, une délégation était reçue en préfecture.

Menée par Nestorius Favel de l’UGTG, une délégation de 13 personnes était donc reçue en préfecture hier en fin d'après-midi, par la préfète Feucher, en présence du président Gibbs et du 2e vice-président, Yawo Nyuiadzi. Sur la table les 17 revendications exprimées dans le préavis de grève déposé le 3 avril dernier. A l’heure où nous mettons sous presse, nous ne sommes pas en mesure d’informer sur les avancées obtenues ou pas, la réunion se poursuivant toujours. Les grévistes semblent toutefois enclins à poursuivre et renforcer le mouvement, en continuant à rassembler la population autour de leurs revendications. De nouvelles perturbations sont donc à prévoir dans les jours qui viennent, d’autant qu’est programmée la visite de la Ministre de l’Outre-mer pour ce week-end.

 

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